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Le monde du bénévolat se porte au plus mal après deux ans de crise

Après deux ans de pandémie, plusieurs organisations sociales romandes peinent à se remettre de la crise. [Fotolia - mjowra]
Les organisations sociales romandes se portent au plus mal depuis la pandémie / Le 12h30 / 1 min. / le 19 avril 2022
Après deux ans de pandémie, plusieurs organisations sociales romandes peinent à se remettre de la crise. Beaucoup de bénévoles et de professionnels se disent épuisés, et certaines associations se portent moins bien.

Offrir une aide d’urgence aux plus vulnérables, enchaîner les heures supplémentaires: c’est ce qu’a vécu Sophie Mayerat, une employée du Centre social protestant vaudois. La situation est telle qu'en fin d'année dernière, elle est proche du burnout, comme elle l'a expliqué au micro du 12h30 de la RTS mardi.

"Je me suis un peu fait peur. Tout d'un coup, je me suis sentie tellement submergée. J'étais incapable de prioriser. J'avais l'impression que tout était urgent. J'étais émotionnellement épuisée. Des fois, je n'avais plus la capacité d'écouter ou d'être disponible pour mes proches."

Elle obtient du soutien de son organisation. Mais dans plusieurs ONG, les arrêts maladie pour épuisement sont encore une réalité aujourd'hui.

Secteurs entiers chamboulés

La crise a aussi chamboulé des secteurs entiers qui fonctionnent grâce aux dons et au bénévolat. C'est le cas de la halte-garderie La Ribambelle à Nyon, qui accueille des jeunes enfants et leurs parents. A cause du Covid, la fréquentation a chuté, comme le déplore Amanda Alméida, présidente de l'association. "Les gens avaient très peur. Personne ne fréquentait la garderie. On n'avait pas de clients du tout."

Et comme l'association se finance grâce aux locations de salles pour des fêtes et aux modestes contributions des parents, la halte-garderie n'est pas sortie d'affaire. "La situation est très précaire. Si les personnes continuent à fréquenter notre institution comme c'est le cas actuellement, après Covid, on va devoir fermer. Parce que pour payer les charges fixes, c'est très difficile", souligne Amanda Alméida.

"Les exigences du terrain se sont amplifiées avec la crise"

Ce malaise, Manuela Honegger, qui propose du coaching pour les organisations sans but lucratif en période de changement, l'a également observé. "Je constate deux choses depuis la pandémie. Tout d'abord, l’épuisement des bénévoles et professionnels dans les organisations sans but lucratif. Et ensuite, il y a aussi un changement au niveau de la contribution financière de la part des autorités qui a diminué en faveur des bailleurs, des contributions privées", détaille-t-elle.

Selon elle, la pandémie a augmenté les difficultés, entre autres financières, des ONG qui n’allaient déjà pas très bien avant. "Et les exigences du terrain se sont aussi amplifiées avec la crise, notamment avec les réfugiés, sur la question des soins et celle de la précarité." Le retour à une certaine normalité prendra du temps pour ces acteurs de l'entraide.

>> Ecouter l'interview complète de Manuela Honegger dans le 12h30 :

Manuela Honegger, membre du comité d'organisation de la grève des femmes. [Keystone - Salvatore Di Nolfi]Keystone - Salvatore Di Nolfi
Crise des ONG sociales: interview de Manuela Honegger / Le 12h30 / 3 min. / le 19 avril 2022

Martine Clerc/fgn

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