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Plasticienne aux oeuvres ludiques, Gina Proenza est récompensée par le prix Manor

L'oeuvre "L'ombre" de l'artiste Gina Proenza lors de la conférence de presse de présentation de l'exposition "Alabaster" pour les 75 ans du Musée d'art du Valais le 30 novembre 2022 à Sion. [Keystone - Jean-Christophe Bott]
Lʹinvitée: Gina Proenza, plasticienne / Vertigo / 26 min. / le 14 août 2023
Récipiendaire du prix Manor 2024, la plasticienne franco-colombienne et lausannoise d’adoption Gina Proenza propose des œuvres interactives et étonnantes. À la clé, la publication d’un livre et une exposition au MCBA.

Depuis ses débuts professionnels, Gina Proenza a remporté sept prix. Depuis ses études à l’ECAL en 2017, la Franco-Colombienne organise des expositions, enseigne la sculpture et anime un atelier d’écriture à l’ECAL en parallèle de son métier d’artiste indépendante.

Son dernier prix en date est le prix culturel Manor. Félicitée par le jury pour "la finesse de son art et la richesse de son répertoire", Gina Proenza relève la valeur symbolique de cette récompense. "Cela fait 10 ans que je vis en Suisse et à Lausanne. D’une certaine façon, il célèbre mes dix ans passés sur ce territoire où je suis particulièrement heureuse", explique-t-elle à la RTS.

Le groupe Manor décerne depuis 40 ans son prix culturel à une sélection d’artistes suisses issus de diverses disciplines. À la clé, une exposition, une prime et la publication d’un livre.

Rochers en jupe et yeux mobiles

La marque de fabrique de Gina Proenza est le côté ludique et étonnant de ses œuvres, souvent motorisées. Par exemple, des yeux énormes et tournants insérés dans une fleur accrochée à un mur, une corde à sauter agitée par un moteur ou encore un sol mobile lors d’une exposition à Paris. Mais l’œuvre qui fait le plus parler d’elle, ce sont les rochers en jupe. Il s’agit de décorations de jardin en plastique chinées par l’artiste, qu'elle a ensuite équipées de sorte de pieds et vêtues d’une jupe.

"L’aspect ludique est présent dans une grande partie de mes œuvres. Je pense que cela est principalement dû au fait que l’espace d’exposition est un lieu où l’attention des spectatrices et spectateurs est très particulière. Contrairement au cinéma ou au théâtre, l’espace est ouvert. Il est possible d’y discuter et de s’y promener à sa guise. Le jeu est un moyen assez simple d’entamer un dialogue avec le public."

Une dramaturgie de l’espace

Une installation, c’est aussi une mise en scène. Diplômée depuis l’année dernière d’un certificat de dramaturgie à la Manufacture, la plasticienne s'interroge: "Pourquoi est-ce que nous avons besoin de raconter, ou de nous raconter des histoires? Comment le faire? Ces questions m'habitent énormément. Dans une exposition, il y a une sorte de dramaturgie de l’espace et des lumières. Les œuvres sont présentées de la même façon que les arts vivants", explique Gina Proenza.

Lorsqu’elle crée ses œuvres, Gina Proenza s’inspire du contexte de fabrication, comme "l’invitation à faire une exposition, les personnes qui invitent et le contexte dans lequel je vais commencer à travailler comme l’actualité et les terrains de recherche, des lieux géographiques, des anecdotes. Et de manière constante, j’ai une envie de questionner nos moyens de communication. Comment partage-t-on et pourquoi?"

Propos recueillis par Pierre Philippe Cadert

Adaptation web: Myriam Semaani

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Six artistes nommés par le Prix Culturel Manor

Parmi les vainqueurs, outre la plasticienne vaudoise Gina Proenza, l’artiste bernois Mathias Ringgenberg, alias PRICE. Il est quant à lui l’auteur de performances multidisciplinaires à Bienne. Le Bernois cumule notamment la scène du théâtre avec l’espace numérique et le défilé de mode.

Le jury a également récompensé la Lucernoise Mahtola Wittmer et l'artiste basée à Zurich Johanna Kotlaris. Les lauréats pour les cantons d'Argovie et du Valais seront annoncés ultérieurement.