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Baisse des vente, "boire local", l'industrie du vin se prépare à des bouleversements

Le virus pourrait avoir réussi ce que les campagnes incitant à boire local n’étaient pas parvenu à réaliser. [Keystone - Salvatore Di Nolfi]
Alter Eco - L'industrie du vin face à la pandémie / Alter Eco / 3 min. / le 11 juin 2020
L'industrie du vin a traversé la crise en ordre dispersé, les habitudes de consommation ont été chamboulées. Les ventes sont en baisse et les consommateurs se tournent vers les productions locales.

Le virus pourrait avoir réussi ce que les protectionnismes et campagnes incitant à boire local n’étaient pas parvenu à réaliser. Réaction psychologique ou patriotisme économique en tant de crise, on observe par exemple que les consommateurs australiens et américains se sont tournés vers les marques de leur région, recourant à des vins qui leur donne le sentiment de sécurité en période d’instabilité.

Aux Etats-Unis, les ventes de cabernet sauvignon, cépage le plus populaire, sont en hausse. Au Royaume-Uni, les favoris ont renforcé leur position: Rioja espagnol, Malbec argentin et pinot grigio. Les Britanniques ont aussi plébiscité leur bacchus, une variété de raisin qui serait aujourd'hui la quintessence du cépage britannique. En France, il est intéressant de noter que le champagne a été boudé. Le roi des vins, adapté aux moments festifs et aux grands événements n'était pas à propos en cette période.

Une industrie qui se prépare à souffrir

On a observé une hausse de la consommation des ménages et des achats en grande surface mais cela ne compense pas les pertes essuyées par les fermetures de bars et restaurants. D’après des estimations de l’Organisation internationale de la vigne et du vin, on pourrait assister à une baisse de 50% de la valeur des ventes.

Toute la filière sera aussi perturbée, à commencer par les intermédiaires: les ventes en lignes ont explosé pendant le confinement, et la vente directe est appelée à se poursuivre. Il y aura donc bien un avant et un après coronavirus pour l’industrie du vin.

Frédéric Mamaïs /lbw

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