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Nationalisation de l'entité belge de Dexia

L'action de la banque franco-belge Dexia a perdu près de 30% de sa valeur mardi matin, à la Bourse de Paris. [Virginia Mayo]
Le conseil d'administration de Dexia a validé le plan de démantèlement du groupe. - [Virginia Mayo]
L'Etat belge va prendre le contrôle de la totalité de Dexia Banque Belgique, l'entité nationale du groupe, a indiqué le gouvernement lundi. Le conseil d'administration de Dexia a quant à lui donné son feu vert au démantèlement de la banque.

L'opération coûtera la somme de 4 milliards d'euros à l'Etat belge. "Nous sommes contents d'avoir réussi à libérer Dexia Banque Belgique de toute charge et de tout risque qui pourrait provenir de l'environnement au sein de la holding Dexia SA", a affirmé le Premier ministre Yves Leterme.

Le dirigeant a estimé que cette mesure "va sécuriser" cette banque de détail présente sur le sol belge. "Les ménages peuvent être sûrs et certains que leur argent est en sécurité sur leurs comptes courants", a poursuivi Yves Leterme, s'exprimant à l'issue d'un conseil des ministres consacré au démantèlement du groupe Dexia.

Selon lui, "le contribuable (belge) ne sera pas trop mis à contribution puisque le risque est maîtrisé et le coût de l'opération est relatif". Le prix de la transaction a été jugé "raisonnable", par le ministre belge de Finances Didier Reynders, également présent lors du point de presse.

Yves Leterme, premier ministre belge. [STR New / Reuters]
Yves Leterme, premier ministre belge. [STR New / Reuters]

"Dans cet accord, la volonté du gouvernement belge n'est pas de rester indéfiniment dans la banque ni d'en sortir rapidement mais d'en assurer la continuité", a-t-il affirmé.

La Belgique, qui a déjà sauvé Dexia une première fois en 2008 en lui injectant trois milliards d'euros, a obtenu un prix intéressant pour racheter cette filiale dont la valeur est estimée entre 3 et 7,5 milliards d'euros.

Feu vert au démantèlement

La banque franco-belge Dexia a annoncé quant à elle lundi que son conseil d'administration avait donné son feu vert au plan de démantèlement de l'ancien numéro un mondial du financement des collectivités locales. (Lire: Crise de la dette)

La décision a été prise au terme de négociations marathon de plus de 12 heures entre les administrateurs.

La banque, première victime européenne de taille de la crise de la dette de la zone euro, ajoute dans un communiqué que les administrateurs ont approuvé la vente de la filiale belge de Dexia, Dexia Banque Belgique, à l'Etat belge pour quatre milliards d'euros.

Le conseil d'administration a aussi demandé à l'administrateur délégué de Dexia, Pierre Mariani, d'engager des discussions en France avec la Caisse des dépôts (CDC) et la Banque postale en vue d'un adossement des activités de financement des collectivités locales françaises.

Le conseil a demandé à la direction de la banque franco-belge de lui soumettre un plan détaillé "dans les semaines à venir", selon un communiqué publié lundi au terme d'une réunion marathon de plus de 12 heures.

Il a dans le même temps accepté le mécanisme de garanties publiques de financement pour un montant maximum de 90 milliards d'euros.

ats/afp/mre


IMPORTANTS RETRAITS DE FONDS DES CLIENTS DE DEXIA

La banque a fait face ces derniers jours à des retraits de fonds importants de clients en Belgique mais "sans commune mesure" avec ceux survenus en 2008 durant la première crise du groupe, a indiqué lundi l'administrateur délégué Pierre Mariani.

"Il y a eu des retraits qui étaient importants, mais (...) sans commune mesure avec ce qui a été observé en 2008", a expliqué le patron de Dexia lors d'une conférence téléphonique.

Au sein de ses deux pays d'origine, Dexia ne possède de réseau de banque de détail qu'en Belgique, la filiale française étant dédiée aux collectivités locales.

Jos Clijsters, patron de la banque, avait indiqué que les épargnants ne risquaient rien. "L'argent des clients de Dexia est en sécurité", avait-il dit.

En Belgique et en France, les dépôts des épargnants sont garantis à hauteur de 100.000 euros. Depuis le début de la crise financière, les mouvements massifs de retraits concentré sur une banque ont été très rares, même lors des périodes de tension les plus fortes.

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Reclassement pour les employés de la holding

Les quelque 600 employés de la holding Dexia SA, structure de tête de la banque franco-belge dont le démantèlement est engagé, se verront offrir un reclassement dans l'une des filiales du groupe, a indiqué lundi Dexia dans un communiqué publié à l'issue d'un conseil d'administration.

"Selon leur situation géographique", ces salariés pourront intégrer la filiale belge Dexia Banque Belgique, la filiale française Dexia Crédit Local ou l'entité luxembourgeose Dexia BIL.