Recep Tayyip Erdogan est un homme courtisé depuis le début de son offensive contre les forces kurdes en Syrie. Russes et Américains souhaitent en effet s'entretenir avec lui rapidement.
Côté russe, Vladimir Poutine a discuté avec son homologue turc par téléphone et l'a invité à lui rendre visite à Moscou. Le président russe a aussi rappelé à Recep Tayyip Erdogan la nécessité d’éviter tout affrontement entre les forces armées turques et celles du gouvernement syrien.
Il a en outre estimé qu'il serait inacceptable que les terroristes présents au nord de la Syrie profitent de l’opération militaire turque.
Troupes russes et syriennes à Minbej
Avec le retrait américain de la région, la Russie tente ainsi de se positionner en arbitre dans ce conflit. Moscou reste le seul Etat à pouvoir discuter librement avec l'Iran, les monarchies du Golfe, Israël, la Turquie et la Syrie. Autant d’acteurs qui s’affrontent en poursuivant des intérêts radicalement opposés en Syrie.
Des médias russes ont montré mercredi de premières images des troupes russes et syriennes prenant position dans la zone de Minbej où étaient précédemment déployés des soldats américains. Les troupes syriennes ont pu prendre position à Minbej à la faveur d'un accord avec les Kurdes de la région, soucieux de contrecarrer l'avancée des forces turques.
Erdogan va rencontrer Pence et Pompeo
Après avoir affirmé dans un premier temps le contraire, Recep Tayyip Erdogan va bien rencontrer jeudi le vice-président américain Mike Pence dépêché par Donald Trump pour arracher un cessez-le-feu sur la Syrie, a affirmé mercredi la présidence turque.
Le président turc, qui avait déclaré à la chaîne Sky News que Mike Pence et le secrétaire d'Etat Mike Pompeo ne seraient reçus que par leurs homologues turcs, "prévoit bel et bien de rencontrer la délégation américaine", a déclaré le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, sur Twitter.
Erdogan a en outre exclu toute négociation avec les forces kurdes et exigé qu'elles déposent les armes et se retirent de la frontière turque.
Le Conseil fédéral dénonce l'offensive
Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient face à l'offensive turque, le Conseil fédéral a pris position publiquement mercredi. Il condamne l’intervention et appelle Ankara à cesser immédiatement les combats.
>> Lire : L'offensive turque viole le droit international, dit le Conseil fédéral
afp/boi
La Grèce craint une nouvelle vague migratoire
"L'Europe doit se préparer à l'éventualité d'une nouvelle vague de migrants et de réfugiés", a prévenu le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à la veille d'un conseil européen tendu après l'offensive turque en Syrie.
Le chef du gouvernement grec, dont le pays est redevenu cette année la principale porte d'entrée migratoire en Europe, a élevé le ton mercredi à l'égard des pays de l'Union européenne refusant d'accueillir des migrants sur leur sol.
"Il doit y avoir des conséquences pour ceux qui choisissent de ne pas participer à cet exercice de solidarité européenne", a fustigé le Premier ministre conservateur. Il a prévenu qu'il demanderait des "sanctions spécifiques" à l'encontre de ces pays, sans les citer.
La Grèce compte 70'000 demandeurs d'asile, dont 33'000 sur les îles égéennes proches de la Turquie.