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L'indépendantiste Humza Yousaf élu Premier ministre écossais par le Parlement local

Les indépendantistes écossais ont choisi lundi leur leader: Humza Yousaf. Il sera donc le prochain Premier ministre de l'Ecosse. [KEYSTONE - EPA/ROBERT PERRY]
Les défis qui attendent Humza Yousaf, le nouveau Premier ministre écossais / Le 12h30 / 1 min. / le 28 mars 2023
L'indépendantiste Humza Yousaf a été formellement élu Premier ministre de l'Ecosse mardi lors d'un vote au Parlement local, devenant son premier dirigeant issu de l'immigration et musulman.

Agé de 37 ans, Humza Yousaf avait été élu lundi à la tête du parti indépendantiste écossais (SNP) majoritaire, à l'issue d'un scrutin interne déclenché par la démission surprise de Nicola Sturgeon le mois dernier après huit ans en poste.

>> Lire aussi : Démission surprise de la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon

Humza Yousaf, dont les grands-parents paternels avaient immigré du Pakistan à Glasgow il y a 60 ans, prendra formellement ses fonctions mercredi après avoir été officiellement nommé à ce poste par mandat royal et prêté serment devant la Court of Session, la cour suprême écossaise.

Les deux autres candidates au leadership du SNP Ash Regan (gauche) et Kate Forbes (droite) applaudissent leur concurrent à l'annonce de sa victoire, au Murrayfield Stadium, à Edimbourg. [Keystone - Andrew Milligan/PA via AP]
Les deux autres candidates au leadership du SNP Ash Regan (gauche) et Kate Forbes (droite) applaudissent leur concurrent à l'annonce de sa victoire, au Murrayfield Stadium, à Edimbourg. [Keystone - Andrew Milligan/PA via AP]

"C'est un jour de fierté pour moi et ma famille, et j'espère que c'est aussi un jour de fierté pour l'Ecosse, car il en dit long sur nos valeurs", s'est réjoui avec émotion Humza Yousaf juste après le vote.

Il prend le pouvoir au moment où le combat pour l'indépendance semble au point mort, ravivant les divisions au sein du SNP et aiguisant les appétits des conservateurs, au pouvoir à Londres, et de l'opposition travailliste.

Départ de Nicola Sturgeon

Face aux députés, il a rendu hommage au Parlement à Nicola Sturgeon, qui avait officiellement adressé mardi matin sa lettre de démission à Charles III.

"Elle sera difficile à remplacer", a-t-il affirmé, promettant de "continuer à veiller à ce que l'Ecosse ait une voix progressiste sur la scène mondiale".

Sa tâche s'annonce ardue, soulignent mardi les journaux britanniques. The Telegraph estime que le départ de la charismatique Nicola Sturgeon signe "la fin de la période héroïque" du parti indépendantiste.

La Première ministre Nicola Sturgeon lors de sa dernière séance de questions du Parlement écossais, le 23 mars 2023. [Reuters - Russell Cheyne]
La Première ministre Nicola Sturgeon lors de sa dernière séance de questions du Parlement écossais, le 23 mars 2023. [Reuters - Russell Cheyne]

Partisan de l'indépendance

Après sa victoire lundi, Humza Yousaf, jusqu'alors ministre de la Santé, a promis de faire partie de "la génération qui obtiendra l'indépendance", soulignant que "le peuple" écossais a "besoin de l'indépendance dès maintenant, plus que jamais".

La cause indépendantiste, relancée par le Brexit auquel les Ecossais se sont massivement opposés, semble dans l'impasse. La Cour suprême britannique a récemment opposé une fin de non recevoir aux velléités de Nicola Sturgeon d'organiser un nouveau référendum, après la victoire du "non" en 2014.

A Londres, le ministre chargé de l'Ecosse Alister Jack, tout en félicitant Humza Yousaf, l'a appelé à "mettre de côté son obsession pour l'indépendance pour se concentrer sur son travail avec le gouvernement britannique pour améliorer la vie des Ecossais".

Le gouvernement écossais est compétent sur de nombreux sujets dont l'éducation, la santé et la justice.

Selon un sondage YouGov du 13 mars, 46% des personnes interrogées se prononcent pour l'indépendance (contre 50% le mois dernier). En incluant les indécis, la proportion chute à 39%.

Soutien à la loi sur le changement de genre

Le nouveau dirigeant incarne la continuité, avec des positions progressistes sur les questions de société et ancrées à gauche sur l'économie, souhaitant, par exemple, augmenter les impôts des plus riches en Ecosse, qui compte 5,5 millions d'habitants.

Il soutient aussi la loi controversée facilitant le changement de genre, qui a été bloquée par Londres et qui a mis en difficulté Nicola Sturgeon.

Mais l'élection, que Humza Yousaf n'a pas remportée avec une importante avance sur sa rivale plus conservatrice, a montré "à quel point les changements sont nécessaires", estime The Guardian.

afp/vajo

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