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Le fils du président Joe Biden reconnu coupable de détention illégale d'une arme

Hunter Biden, le fils du président américain est reconnu coupable de détention illégale d'arme à feu
Hunter Biden, le fils du président américain est reconnu coupable de détention illégale d'arme à feu / 19h30 / 1 min. / le 11 juin 2024
Le fils de Joe Biden, Hunter Biden, a été reconnu coupable mardi par un tribunal pénal fédéral de détention illégale d'arme à feu en 2018, sur fond d'addictions aux drogues et en pleine campagne du président américain pour sa réélection.

Il s'agit de la première condamnation pénale contre un enfant d'un président américain en exercice. Joe Biden, qui s'apprête à affronter le 5 novembre son rival républicain Donald Trump, a aussitôt réaffirmé dans un communiqué qu'il "accepterait la conclusion de cette affaire" et qu'il "respecterait la procédure judiciaire".

"Je suis le président mais je suis aussi un père. Jill et moi aimons notre fils et sommes si fiers de l'homme qu'il est aujourd'hui", a écrit le président, qui lui avait déjà témoigné au début du procès de son "amour infini" tout en s'engageant à ne pas le gracier s'il était condamné.

Ce verdict du jury du tribunal de Wilmington dans l'Etat américain du Delaware (est) survient le jour où Joe Biden doit prononcer un discours sur la limitation de la prolifération des armes à feu, un fléau aux Etats-Unis.

Coupable de mensonges

Hunter Biden est sorti du palais de justice souriant et tenant la main de sa belle-mère Jill Biden et de son épouse Melissa Cohen Biden. Il encourt en théorie jusqu'à 25 ans de prison, mais une peine alternative pourra être aussi décidée.

Hunter Biden quitte le tribunal de Wilmington après le verdict, accompagné de sa belle-mère, la Première dame Jill Biden, et de sa femme Melissa Cohen Biden. [KEYSTONE - MATT ROURKE]
Hunter Biden quitte le tribunal de Wilmington après le verdict, accompagné de sa belle-mère, la Première dame Jill Biden, et de sa femme Melissa Cohen Biden. [KEYSTONE - MATT ROURKE]

Après deux semaines de débats, souvent en présence de Jill Biden, les 12 jurés ont répondu "oui" aux trois chefs d'accusation: deux sur des mensonges dans les documents nécessaires à l'achat d'un revolver en octobre 2018 et un troisième sur sa détention illégale.

Hunter Biden, avocat et homme d'affaires de 54 ans reconverti en artiste, comparaissait depuis le 3 juin dans cette ville fief du clan Biden pour avoir menti sur sa consommation de drogues lorsqu'il avait acheté un revolver de type Colt Cobra dans une armurerie.

Il "savait qu'il était un consommateur de crack ou [qu'il était] dépendant", avait martelé le procureur Leo Wise. L'avocat de Hunter Biden, Abbe Lowell, avait au contraire assuré aux jurés qu'"il ne consommait plus de drogues" quand il avait acheté l'arme, laquelle "n'a jamais été chargée, portée ou utilisée pendant les 11 jours où elle a été en sa possession".

Offensive du camp républicain

Le Parti républicain, aux ordres de Donald Trump, cherche depuis longtemps à éclabousser Joe Biden à travers les déboires de son fils, jusqu'à ouvrir une enquête en destitution du chef de l'Etat liée aux affaires de Hunter Biden en Ukraine et en Chine. Jusqu'à présent, aucune preuve compromettante n'a été apportée.

>> Lire à ce sujet : Le Congrès américain ouvre formellement une enquête en destitution de Joe Biden

Le président républicain d'une commission d'enquête de la Chambre des représentants, James Comer, a salué dans un communiqué "un pas vers la responsabilité mais [qui doit aller] jusqu'à ce que le ministère de la Justice enquête sur tous ceux impliqués autour de [...] l'influence corruptrice de Biden".

Hunter Biden doit aussi comparaître en Californie en septembre pour fraude fiscale.

>> Lire : Le fils de Joe Biden inculpé pour fraude fiscale aux États-Unis

Ses affaires, qui font les choux gras des médias conservateurs, risquent de parasiter les tentatives de son père de marquer le contraste avec Donald Trump, reconnu coupable le 30 mai dans un procès pénal pour paiements dissimulés à une star de films X, une première historique contre un ancien président des Etats-Unis.

>> Relire : Donald Trump déclaré coupable à son procès pénal à New York

agences/iar

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Des problèmes d'addiction passés au crible

Le procès de Hunter Biden a ravivé le souvenir de ses addictions sur lesquelles l'accusation est revenue en détails. Au procès, les procureurs ont utilisé des extraits de l'autobiographie de Hunter Biden, "Les Belles Choses".

Il y raconte ne s'être jamais remis de la mort en 2015 de son frère Beau Biden, des suites d'un cancer du cerveau à 46 ans. Les deux frères avaient survécu en 1972 à un accident de voiture ayant tué leur mère et leur petite soeur. Hunter Biden décrit aussi sa descente aux enfers, ses errances en quête de drogue autour de supérettes miteuses et ses tentatives ratées de désintoxication de 2015 à 2019.

En 2018, il vivait une histoire sentimentale avec la veuve de son frère, Hallie Biden. C'est elle qui avait découvert le revolver et l'avait jeté à la poubelle.

Hallie Biden ainsi que la première épouse de Hunter Biden et une ex-petite amie qu'il fréquentait en 2018 ont toutes confirmé au procès ses problèmes d'addiction.