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Le nouveau Premier ministre promet de ne "pas alourdir encore l'impôt sur l'ensemble des Français"

Michel Barnier a annoncé vouloir préserver les "grandes lois" de "progrès social ou sociétal". [Keystone]
La composition du gouvernement français est connue depuis samedi soir / La Matinale / 1 min. / le 23 septembre 2024
Le Premier ministre français Michel Barnier a promis dimanche de faire des "compromis", au lendemain de la présentation de son gouvernement, sous la menace d'une censure de la gauche et de l'extrême droite au Parlement. L'élaboration du budget 2025, qui a déjà pris un retard inédit, est l'urgence numéro un.

A la tête d'un cabinet critiqué comme un attelage fragile entre le camp du président Emmanuel Macron et la droite, Michel Barnier a précisé dimanche soir sur la chaîne France 2 ses priorités sur certains des dossiers les plus clivants, la fiscalité, la dette ou les retraites.

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Le Premier ministre de droite promet notamment de ne "pas alourdir encore l'impôt sur l'ensemble des Français", mais estime que "les plus riches doivent prendre part à l'effort de solidarité": "maîtriser les dépenses, ça peut se faire notamment avec des prélèvements ciblés sur les personnes fortunées, ou certaines grosses entreprises".

"Une grande partie de notre dette est émise sur les marchés internationaux, extérieurs, il faut garder la crédibilité de la France", a-t-il ajouté, alors que le déficit public du pays s'affiche à plus de 5% du PIB, au-delà de la limite européenne de 3%.

L'élaboration du budget 2025, qui a déjà pris un retard inédit, est l'urgence numéro un, Michel Barnier ayant qualifié la "situation budgétaire" de la France de "très grave".

Signe de son importance, il a voulu garder un oeil sur ce dossier explosif en mettant sous sa tutelle directe le ministre macroniste des Comptes publics, Laurent Saint-Martin.

Réforme des retraites

Concernant la très controversée réforme des retraites, entrée en vigueur il y a un an et dont l'abolition est réclamée par la gauche et le Rassemblement national, le successeur de Gabriel Attal a indiqué qu'il souhaitait "prendre le temps de (l') améliorer".

"On a une loi qui prévoit un cadre financier et je pense que ce cadre financier doit être préservé", a-t-il déclaré, ajoutant toutefois qu'il allait "faire confiance aux partenaires sociaux pour améliorer cette loi, pour réformer".

IVG, mariage pour tous et PMA

Les "grandes lois" de "progrès social ou sociétal" comme celles sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), le mariage pour tous ou l'assistance médicale à la procréation (AMP ou PMA) seront "intégralement préservées", a également assuré le Premier ministre.

"Ces lois, elles seront intégralement préservées" et "je serai un rempart pour qu'on préserve l'ensemble de ces droits acquis" en termes "de libertés, de progrès social. Il n'y a aucune ambiguïté", a-t-il déclaré.

Son successeur Gabriel Attal l'avait appelé un peu plus tôt à lever les doutes sur ces sujets "clairement dans sa déclaration de politique générale", prévue le 1er octobre.

>> Ecouter aussi l'analyse de Tout un monde :

Michel Barnier a annoncé vouloir préserver les "grandes lois" de "progrès social ou sociétal". [Keystone]Keystone
Un gouvernement fragile se met au travail en France / Tout un monde / 2 min. / le 23 septembre 2024

cab avec les agences

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Eric Ciotti quitte Les Républicains

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, que Les Républicains tentaient en vain d'exclure depuis son alliance en juin avec le RN aux législatives, a annoncé dimanche qu'il quittait le parti et sa présidence, ouvrant ainsi la course à sa succession.

Eric Ciotti au lendemain de son éviction à la présidence du parti Les Républicains à Paris le 13 juin 2024. [Hans Lucas via AFP - QUENTIN DE GROEVE]
Eric Ciotti au lendemain de son éviction à la présidence du parti Les Républicains à Paris le 13 juin 2024. [Hans Lucas via AFP - QUENTIN DE GROEVE]

"Ma décision de quitter LR va permettre de refonder une grande famille politique dans la clarté et l'indépendance", estime l'élu dans un entretien mis en ligne sur le site du Figaro.

Il a lancé fin août son propre parti baptisé l'Union des droites pour la République (UDR).

Sa décision intervient au lendemain de l'annonce par le Premier ministre LR Michel Barnier de la composition de son gouvernement où figurent plusieurs membres de son ancien parti comme le sénateur Bruno Retailleau, nommé à l'Intérieur, ou la secrétaire générale de LR Annie Genervard à l'Agriculture.

"Il ne sera plus possible de travailler avec ceux qui sont dans le gouvernement d'Emmanuel Macron", déplore-t-il.