Modifié

Une enquête ouverte en France sur les attaques racistes visant la chanteuse Aya Nakamura

La chanteuse française Aya Nakamura à la Fashion Week de Paris, en février 2024. [AFP - MIGUEL MEDINA]
La chanteuse française Aya Nakamura à la Fashion Week de Paris, en février 2024. - [AFP - MIGUEL MEDINA]
Une enquête a été ouverte vendredi en France après les nombreuses attaques à caractère raciste visant la chanteuse franco-malienne Aya Nakamura, citée comme possible participante à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques.

Le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) a ouvert une enquête après la réception mercredi du signalement de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) "dénonçant des publications à caractère raciste au préjudice d'Aya Nakamura", a indiqué vendredi le parquet de Paris.

La chanteuse de 28 ans, sacrée en février artiste féminine aux Victoires de la musique, est la cible de l'extrême-droite et fait l'objet de nombreuses attaques racistes depuis l'annonce, fin février par l'hebdomadaire français L'Express, de sa possible participation à la cérémonie de lancement des Jeux olympiques d'été à Paris, le 26 juillet.

Un Français sur deux serait contre

Mais cette idée hérisse les réactionnaires en France, tant du côté du parti d'extrême-droite Reconquête! que du groupe identitaire Les Natifs, qui l'ont fait savoir lors d'un meeting et sur les réseaux sociaux.

>> A lire : Aya Nakamura, qui pourrait chanter Edith Piaf aux JO de Paris, cible de l'extrême droite

L'artiste trouve de nombreux soutiens du côté du monde de la musique, du sport, de la politique et des associations contre le racisme, comme SOS Racisme qui, annonçant saisir la justice à son tour, déplore que la chanteuse soit "renvoyée à des origines maliennes manifestement disqualifiantes aux yeux de l'extrême droite".

Selon un sondage Elabe pour la chaîne BFMTV publié le 13 mars, près d'un Français interrogé sur deux juge que son éventuelle participation est une mauvaise idée, contre un sur cinq estimant que c'est une bonne idée et un tiers qui n'a pas d'avis.

Interrogée sur son argot ouvert à tous vents, et ses influences musicales mêlant RnB, zouk et tempo portoricain, elle avait confié fin 2020 "comprendre que certains se disent: ‘pour qui elle se prend celle-là, à nous narguer avec notre langue française', mais c'est important d'accepter la culture des autres et moi j'ai une double culture".

afp/seb

Publié Modifié