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Le journaliste grec qui a publié la "Liste Lagarde" a été relâché

Le journaliste grec du magazine "Hot Doc" à sa sortie du bureau du procureur à Athènes le dimanche 28 octobre. [EPA/ALEXANDROS BELTES]
Le journaliste grec du magazine "Hot Doc" à sa sortie du bureau du procureur à Athènes le dimanche 28 octobre. - [EPA/ALEXANDROS BELTES]
A l'aube d'une semaine cruciale pour l'avenir de la Grèce dans la zone euro, le journaliste qui a publié les noms de 2000 Grecs fortunés ayant placé de l'argent sur des comptes en Suisse a été libéré dans l'attente de son procès jeudi.

Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire "Hot Doc", arrêté dimanche pour avoir enfreint la loi sur la publication de données privées, a été relâché dans l'attente de son procès après avoir comparu devant le parquet, a déclaré la police.

Le journaliste s'est vu accorder un délai de trois jours après en avoir fait la demande, selon la même source.

Le magazine "Hot Doc" a publié une liste de 2059 noms soupçonnées d'évasion fiscale, dont des personnalités grecques connues, en expliquant que la liste lui avait été remise de façon anonyme. Une enquête a en outre été ouverte sur deux hommes politiques dont les noms figurent sur cette liste.

La publication de la liste appelée "Liste Lagarde", du nom de l'ancienne ministre française dans le gouvernement Fillon et future patronne du FMI, défraie la chronique en Grèce, alors que la colère gronde contre les élites accusées de ne pas payer un aussi lourd tribut à la crise que les classes populaires.

Le journaliste se défend

Dans une vidéo envoyée par le magazine "Hot Doc" à l'agence Reuters, le rédacteur en chef défend sa décision de publier cette liste. "Je n'ai rien fait d'autre que mon travail de journaliste, explique-t-il. J'ai révélé la vérité qu'ils cachaient. Si quelqu'un doit s'expliquer devant la justice, ce sont les ministres qui ont tenté de dissimuler cette liste et l'ont perdue avant de dire qu'elle n'existait pas. Je n'ai fait que mon travail."

L'actuel ministre des Finances Yannis Stournaras a déclaré la semaine dernière qu'il demanderait une nouvelle fois cette liste aux autorités françaises, les deux précédents ministres ayant déclaré l'un l'avoir perdue, l'autre ne pas être sûr de son authenticité.

agences/vtom

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Le plan de rigueur serait prêt

Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a déclaré dimanche que les "actions prioritaires" demandées par les créanciers de la Grèce pour réaliser des économies seraient prêtes à temps.

Il s'exprimait à la veille d'une semaine cruciale de discussions sur l'avenir du pays au sein de la zone euro.

Yannis Stournaras a toutefois souligné que l'Union européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne, qui composent la "troïka", demeuraient sceptiques quant à certains aspects des réformes proposées dans le domaine du travail, notamment les privatisations.

Le groupe de travail de la zone euro doit étudier lundi la demande de la Grèce de lui accorder un délai de deux ans pour mener à bien son plan d'ajustement budgétaire.

Lundi également, des hauts fonctionnaires de la zone euro doivent examiner les progrès réalisés par la Grèce avant une conférence des ministres des Finances de la zone euro qui aura lieu mercredi.

L'OCDE s'inquiète

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'est inquiétée lundi de l'arrestation du journaliste grec.

Selon la représentante pour la liberté de la presse à l'OSCE, la Bosnienne Dunja Mijatovic, "il est du devoir de la presse en tant qu'instance de contrôle de la démocratie de publier des informations sensibles".

Dans un communiqué, elle a demandé aux autorités et à la justice grecques de "trouver la juste voie entre le respect de la vie privée et le droit à l'information de l'opinion publique".