Sécheresse en Somalie, séisme à Haïti, hausse du niveau des mers: les catastrophes naturelles et le réchauffement climatique ont poussé plus de 180 millions de personnes à migrer entre 2008 et 2014. Cela représente 26 millions de personnes par an ou un individu par seconde.
Avec la Norvège, la Suisse a lancé l'Initiative Nansen, un processus pour que les migrants climatiques soient mieux protégés. Un plan d'action international devrait être adopté ce mardi.
La Suisse très active
En début de réunion lundi, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a plaidé en faveur du renforcement de la protection des personnes qui doivent fuir en raison de catastrophes, car leur nombre risque encore d'augmenter dans les années à venir.
La Suisse, hôte de la Convention de Genève sur les réfugiés de guerre, entend jouer les premiers rôles dans ce domaine. Depuis quatre ans, la diplomatie helvétique a proposé ses bons offices pour que les migrants climatiques soient davantage reconnus à travers le monde.
Le conseiller fédéral a insisté lundi sur les initiatives régionales. "Cet agenda est une invitation à apprendre des expériences des autres, à renforcer les mesures déjà en place et à resserrer la collaboration, dans un esprit de solidarité internationale", a-t-il déclaré.
Pas de statut de "réfugié climatique"
Plusieurs mesures seront discutées à Genève. L'une des pistes passe par la réduction des risques liés aux dangers naturels en construisant des bâtiments plus solides, en hauteur, et en assurant l'approvisionnement en eau.
L'idée est aussi de renforcer les mesures préventives dans les pays d’origine des personnes déplacées. Cela implique notamment d’établir des scénarios d’urgence pour les cas de catastrophe et de planifier la relocalisation des personnes vivant dans des régions à risques, par exemple dans des zones côtières ou des petits Etats insulaires exposés à l’élévation du niveau de la mer.
En dernier recours, si la migration est inévitable, les déplacements peuvent être planifiés avec le pays d'arrivée. En revanche, la reconnaissance du statut de réfugiés climatiques dans une convention, comme pour les réfugiés de guerre, n'est pas à l'ordre du jour.
Pietro Bugnon/dk