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Amnesty documente une "brutalité ahurissante" au Soudan du Sud

Une femme cuit du maïs et du sorgho largués d'un avion affrété par le Programme alimentaire mondial, au Soudan du Sud, début juillet 2018. [AFP - PATRICK MEINHARDT]
Une femme cuit du maïs et du sorgho largués d'un avion affrété par le Programme alimentaire mondial, au Soudan du Sud, début juillet 2018. - [AFP - PATRICK MEINHARDT]
L'armée sud-soudanaise et ses milices alliées se sont livrées à de nouvelles atrocités d'une "brutalité ahurissante" contre des civils lors d'une offensive menée d'avril à juillet dans le nord du pays, selon Amnesty International.

Dans ce document publié mercredi et intitulé "Tout ce qui respirait était tué: des crimes de guerre à Leer et Mayendit", l'ONG compile les témoignages de quelque 100 survivants.

Ils rapportent notamment l'usage de véhicules amphibies pour poursuivre les civils fuyant dans les marais et des tirs à l'aveugle dans les hautes herbes. Ils assurent que les soldats, de l'ethnie dinka, celle du président Salva Kiir, rassemblaient des civils dans des habitations pour y mettre le feu.

Nombreux viols

"De nombreuses femmes ont été violées", ajoute Amnesty, citant des témoins racontant des viols en réunion de jeunes filles de 8, 13 et 15 ans. Captives pendant parfois plusieurs semaines, "celles qui essayaient de résister étaient tuées".

L'offensive contre cette zone tenue par les rebelles a débuté fin avril et duré jusque début juillet, une semaine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu ayant précédé la signature, le 12 septembre, du dernier accord de paix en date.

afp/pym

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Impunité

Amnesty International dénonce par ailleurs l'impunité dont bénéficient les auteurs de crimes depuis le début du conflit entre le président Kiir et son rival Riek Machar, soulignant que de nombreux appels à enquêter sur des crimes contre l'humanité et crimes de guerre ont été jusqu'à présent ignorés.

"Le seul moyen d'arrêter ce cycle vicieux de violence est de mettre un terme à l'impunité dont bénéficient les combattants sud-soudanais, quel que soit leur camp", conclut l'ONG.