90,72% des électeurs qui ont pris part à ce scrutin consultatif ont approuvé la nouvelle appellation de "République de Macédoine du Nord" pour leur petit Etat des Balkans, selon les résultats de la commission électorale portant sur près de la moitié (43,57%) des suffrages. 6,26% ont voté contre.
"Je pense que l'immense majorité des citoyens qui ont voté ont choisi la voie européenne", avait auparavant déclaré le Premier ministre social-démocrate Zoran Zaev au cours d'une conférence de presse.
Forte abstention
Il n'a toutefois pas évoqué la forte abstention, les deux tiers des électeurs n'étant pas allés voter, une demi-heure avant la fermeture des bureaux, selon le dernier chiffre fourni par la commission électorale.
Mais Zoran Zaev a semblé vouloir couper l'herbe sous le pied à son opposition qui pourrait attaquer la légitimité du scrutin en insistant sur ce point.
Il a dit espérer que les députés de l'opposition de droite (VMRO-DPMNE) "respecteront la volonté démocratique des citoyens" en ratifiant au parlement l'accord. Faute de quoi, il a annoncé qu'il organiserait des "élections parlementaires anticipées".
L'Union européenne a appelé toutes les parties à respecter les résultats du référendum.
Rassemblement de protestation
Pour cette ratification à la majorité des deux tiers, Zoran Zaev et ses alliés des partis de la minorité albanaise (20 à 25% des 2,1 millions d'habitants de ce pays majoritairement slave) ont besoin de la défection d'une dizaine de députés de droite.
Les promoteurs d'une campagne d'appel au boycottage orchestrée sur les réseaux sociaux, ont organisé un rassemblement dans la soirée devant le parlement. Ils étaient environ 300, une heure et demie après la fermeture des bureaux de vote.
agences/hend/kkub
Incertitude en Grèce
Une victoire du "oui", avec la participation requise, ne mettrait cependant pas un terme au conflit, puisque la Grèce doit elle aussi ratifier l'accord de juin, sans doute en début d'année prochaine.
Or le Premier ministre grec Alexis Tsipras va devoir compter avec les divisions internes au sein de sa majorité parlementaire. Son ministre de la Défense, Panos Kammenos, chef du parti souverainiste des Grecs indépendants (ANEL), a annoncé début juillet qu'il bloquerait l'adoption de la loi de ratification de l'accord.
Sans les voix des sept députés de son parti, Tsipras n'aura pas de majorité et devra se tourner vers des élus indépendants.
Pourquoi la Macédoine a entrepris de changer de nom
Il est rare qu'un pays se débaptise, plus encore qu'il le fasse pour satisfaire un voisin, en l'occurrence la Grèce. Pourquoi demande-t-on par référendum aux Macédoniens d'accepter que leur pays devienne la "République de Macédoine du Nord"?
En 1991, la Macédoine proclame son indépendance de la Yougoslavie. Athènes lui dénie le droit d'utiliser ce nom de "Macédoine" qu'elle estime exclusivement celui de sa province septentrionale. Elle y décèle une usurpation de son patrimoine, notamment celui d'Alexandre le Grand, ainsi que des ambitions territoriales cachées.
Les Macédoniens entrent à l'ONU en tant qu'ARYM ou FYROM, acronymes français et anglais d'"Ancienne République yougoslave de Macédoine". Le veto grec leur ferme les portes de l'Otan et de l'Union européenne. La droite nationaliste au pouvoir à Skopje campe sur une ligne dure: s'appeler Macédoine ou rien.
L'arrivée au pouvoir au printemps 2017 des sociaux-démocrates, soutenus par les partis albanais, change la donne. Un accord est signé avec les Grecs en juillet, visant à faire du pays la "République de Macédoine du Nord".