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Penser, un art qui peut s'apprendre dès le plus jeune âge

Philosophie: enseignée à des enfants toujours plus jeunes
Philosophie: enseignée à des enfants toujours plus jeunes / 19h30 / 2 min. / le 21 novembre 2017
La philosophie gagne les écoles, les bibliothèques, les activités périscolaires ou encore la littérature jeunesse, y compris en Suisse romande. La discipline favoriserait l'écoute et la tolérance chez les enfants.

Dans le canton de Genève, les ateliers philosophiques destinés aux enfants sont encouragés depuis une dizaine d’années. La bibliothèque de Lausanne organise des rencontres similaires.

A l'école Tambourine, à Carouge (GE), ces "cours" s'intègrent dans le cadre d'un programme éducatif plus global de "bien vivre ensemble".

Les élèves ont entre 9 et 10 ans et, depuis le début de l’année scolaire, ils ont déjà échangé sur le mensonge, les questions liées au genre, la mort, la guerre...

Faire accoucher les esprits

Ces ateliers reposent sur la maïeutique, ou l’art de faire accoucher les esprits en interrogeant. Les objectifs sont multiples, mais le principal, selon les termes de l'intervenant Alexandre Herriger, est d'"apprendre à vivre ensemble en apprenant à penser ensemble".

Les apprentissages portent peu sur le contenu. Le but est surtout qu'ils apprennent à écouter, attendre leur tour pour prendre la parole, questionner l'avis des autres et être de plus en plus ouverts à des avis divergents.

Alexandre Herriger, intervenant ProPhilo

Viennent ensuite d'autres ambitions liées à la pratique philosophique en elle-même: "apprendre aux enfants à penser par eux-mêmes, (...) à se questionner...", poursuit Alexandre Herriger.

Avec les enfants, en théorie, tous les thèmes philosophiques peuvent être abordés, dès cinq ou six ans. Et les réponses de ces penseurs en herbe peuvent être surprenantes.

"Il y a une fraîcheur dans la pensée", s'amuse l'intervenant. "Les liens logiques qu'ils font peuvent être d'une étonnante efficacité (...) Ils trouvent parfois des liens entre certaines idées que des adultes ne feraient pas".

Soif de comprendre

La maison d’édition genevoise "La Joie de lire" a pour sa part lancé une collection philosophique pour les petits à partir de cinq ans.

Francine Bouchet, sa fondatrice et directrice, insiste sur la curiosité et la soif de comprendre le monde des enfants qui, selon elle, se posent les "vraies questions" "depuis tout petits".

Quand l'enfant se demande (...) d'où il vient, où il va, est-ce qu'il est seul sur la Terre... Ce sont de vraies questions de philosophie, des questions existentielles.

Francine Bouchet

De leur côté, les élèves interrogés, eux, semblent apprécier le dialogue philosophique avec leurs camarades de classe. "Ce que j'aime, c'est savoir ce que les autres pensent, et aussi ce que je pense moi", explique ainsi la petite Luna.

Même s'il leur faut se heurter à certaines questions métaphysiques qui resteront sans réponse, comme "y a-t-il une vie après la mort?"

Marie-Emilie Catier / Pauline Turuban

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