"Il y avait un pouvoir social de l'Eglise catholique dans le canton de Fribourg. Cela a bien changé. Je crois que c'est une libération pour la société et pour l'Eglise", a réagi l'évêque mardi pour la RTS. Il était interrogé à la suite de la publication d'un rapport sur l'institut Marini de Montet.
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Mgr Morerod poursuit sa pensée en citant le pape Benoît XVI sur la question des abus perpétrés par des membres de l'Eglise catholique. "Quand Benoit XVI a demandé pardon pour ces abus en 2010 , il a dit 'il faut mieux discerner l'authenticité des vocations'".
Des excuses
A la question des excuses de l'Eglise dans cette affaire, il répond: "Bien sûr que je demande pardon. Je m'associe entièrement aux excuses de Mgr Genoud. Il a demandé pardon, je demande pardon."
J'ai découvert à quel point toute une existence peut être dévastée.
Evoquant sa rencontre avec les victimes des ces maltraitances, Mgr Morerod, visiblement ému, déclare: "Il m'a fallu les rencontrer à plusieurs reprises pour découvrir ce que je ne connaissais qu'en théorie. C'est-à-dire à quel point toute une existence peut être dévastée". Et d'ajouter: "C'est important de dire aux victimes, 'non, vous n'avez pas menti, ce n'était pas votre faute, c'était la nôtre'".
Selon le rapport des historiens chargés par Mgr Charles Morerod d'éclairer les faits sur l'affaire Marini, des maltraitances et des abus sexuels "graves et répétés" sur des enfants ont bien eu lieu à l'institut fribourgeois. "Le souci principal des responsables a été de dissimuler [ces agissements]", écrivent les auteurs du rapport publié mardi par le diocèse de Fribourg, Genève et Lausanne.
mo