"On peut se retrouver avec 200 heures dans le mois, c’est le maximum, comme à zéro heure le mois suivant", explique au 19h30 un employé de Dnata qui souhaite rester anonyme. "Il y a des mois où j’ai pas fait assez d’heures pour payer mon loyer et mes factures. Je suis obligé de demander à ma famille ou mes amis qu’ils me prêtent de l’argent, jusqu’à ce que je refasse des mois pleins pour pouvoir les rembourser." L'irrégularité des horaires rend impossible toute activité annexe, dit-il.
Plus de 300 employés seraient concernés par cette situation. Ils ont mandaté le syndicat Unia pour défendre leurs intérêts. Celui-ci a remis une pétition munie de près de 1800 signatures au Conseil d’État en juin dernier, mais dit attendre encore aujourd’hui une réponse. Contactés, l'aéroport et le canton n'ont pas répondu aux questions de la RTS sur les contrats sans garantie d'heures de travail.
Dnata dit respecter le droit du travail
Dnata, active dans le fret des bagages notamment, affirme de son côté planifier ses employés uniquement aux heures où ceux-ci désirent travailler. Selon elle, "les contrats auxiliaires flexibles permettent assurément d’occuper un second emploi. De nombreux auxiliaires recherchent cette grande liberté pour concilier à la fois, leur vie privée et leur vie professionnelle."
Avec cette nouvelle polémique, c’est la question du travail sur appel qui est soulevée. La pratique n’est pas illégale en soit, mais exige le respect de certaines règles. Notamment: c’est la direction qui doit supporter le risque d’entreprise, et non pas les employés.
Joël Boissard