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Une association veut promouvoir les femmes philosophes à l'Uni de Genève

Un professeur donne son court dans un auditoire de l'Université de Genève. [Keystone - Martial Trezzini]
Une association veut promouvoir les femmes philosophes à l'Uni de Genève / La Matinale / 2 min. / le 10 octobre 2017
Une association, créée au sein du département de philosophie de l'Université de Genève, veut remédier à la sous-représentation des femmes au sein du corps professoral de l'institution, notamment en philosophie.

L'association, mise sur pied par une dizaine d'étudiantes, s’appelle Sophie, ou Société pour une philosophie inclusive et égalitaire. Son objectif initial est de lutter contre les inégalités de chances dans les carrières académiques au sein du département à l’Université de Genève.

La faculté de philosophie compte en effet seulement sept femmes sur une cinquantaine de collaborateurs, et seulement une femme sur huit professeurs.

La philosophie, réticente à l'égalité?

"La situation n'est pas unique à Genève, mais se retrouve dans les départements de philosophie du monde entier", explique Célia Favre, coprésidente de l’association, en évoquant l'image stéréotypique du philosophe - un homme blanc, hétérosexuel, issu d'un milieu aisé. "On connaît beaucoup de philosophes hommes, mais peu de monde est capable de citer une philosophe femme."

En septembre dernier, une association nationale de philosophes (Society for Women in Philosophy Switzerland) a par ailleurs été créée pour remédier à ce problème.

Progression de 20% en 16 ans

La sous-représentation féminine va pourtant au-delà du seul département de philosophie, reconnaît Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève.

"Au niveau global, on est arrivé à un taux de 25,4% de femmes professeures en 2016, un des taux les plus élevés des universités polyvalentes", détaille-t-il. Si le recteur salue la progression en la matière - les femmes profs représentaient 5,5% en 1990 - il souligne le besoin actuel de faire progresser les facultés dont le taux est plus bas que la moyenne.

Parmi les pistes évoquées par Yves Flückiger, un mentorat propose d'aider les jeunes femmes à rester dans le parcours académique. Pour aller vers davantage d’égalité, l’Université de Genève a également instauré une forme de quotas: quand un poste de professeur est mis au concours, un tiers des candidats auditionnés doivent être des femmes.

>> Ecouter aussi l'interview de la mathématicienne Mathilde Bouvel, prix Marie Heim-Vögtlin 2017, sur le soutien des femmes dans la recherche :

Mathilde Bouvel, chercheuse à l'Institut de mathématiques de l'Université de Zurich. [FNRS - Zeljko Gataric]FNRS - Zeljko Gataric
Comment soutenir les femmes dans la recherche? Interview de la mathématicienne Mathilde Bouvel / Forum / 6 min. / le 9 octobre 2017

Julie Eigenmann/kkub

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