Mis en service par la Cour des comptes genevoise, l'outil permet d'anonymiser entièrement - grâce à des boîtes de dialogue cryptées - la relation entre le lanceur d'alerte et le magistrat chargé d'enquêter.
Le gendarme du secteur public est confronté à un nombre croissant de communications émanant de citoyens, recevant actuellement plus d'une dénonciation par semaine. Problème: les lanceurs d'alerte ne révèlent pas nécessairement leur identité et transmettent parfois un nombre insuffisant d'éléments.
"C'est extrêmement frustrant, car nous ne pouvons pas toujours prendre contact avec l'expéditeur", explique dans le 19h30 de la RTS Stanislas Zuin, président de la Cour des comptes. "Avec le nouvel outil informatique sécurisé, nous espérons que nous pourrons entrer en relation avec les lanceurs d'alerte."
Genève est le premier canton romand à proposer un tel système, dont le coût s'élève à 10'000 francs par an. La plateforme est déjà utilisée par le Contrôle fédéral des finances et les CFF.
Une machine à sous pour le canton?
Sans ces dénonciateurs, Genève n'aurait peut-être jamais mis au jour des scandales de fraude ou de corruption, telles que l'affaire des éoliennes des Services industriels genevois (SIG) ou celle des recouvrements de factures impayées au sein des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).
Ce dernier scandale pourrait rapporter 30 millions de francs à l'Etat. La nouvelle plateforme sera-t-elle une machine à sous? "On peut l'appeler une machine à sous, si les sous ne sont pas juste de l'argent mais aussi le bien-être de la société", précise Thomas Vennen, conseiller juridique. "Si l'on prend en compte toutes les informations mises à disposition de la Cour des comptes, il s'agit d'une contribution au fonctionnement de l'Etat et à la démocratie."
En dix ans d'existence, la Cour des compte a coûté 35 millions de francs aux contribuables, alors que le potentiel d'économies réalisées grâce aux rapports d'audit se monte à 350 millions, soit dix fois plus.
thc/tmun
>> Reportage dans le 19h30 vendredi soir