Modifié

Les mesures du Service de la protection de la jeunesse neuchâtelois jugées insuffisantes

Vue générale sur la ville de Neuchâtel. [Keystone - Laurent Gillieron]
Les mesures du Service de la protection de l'adulte et de la jeunesse neuchâtelois jugées insuffisantes / Le Journal horaire / 30 sec. / le 28 mars 2024
La commission de gestion et d’évaluation (Coges) du Grand Conseil neuchâtelois estime que la situation du Service de la protection de l'adulte et de la jeunesse (SPAJ) est "préoccupante". Les mesures prises en septembre, à la suite d'un audit, sont insuffisantes.

Malgré les difficultés, "l’ensemble du personnel du SPAJ a continué à délivrer les prestations essentielles attendues et à oeuvrer pour le bien de l'enfant ou de l'adulte", a déclaré jeudi devant la presse le député (PS) Romain Dubois, rapporteur de la Coges et président de la sous-commission qui a enquêté sur ce service pendant près de deux ans.

"Le SPAJ a vécu une longue période houleuse, difficile pour le personnel", a ajouté Romain Dubois. La dégradation de la situation, dont les prémices sont antérieures à la présente législature, s’est poursuivie.

Pour obtenir des informations les plus objectives possible du personnel, la sous-commission a organisé des visites de service non annoncées, un moyen assez rarement utilisé. "La démarche était transparente avec le département", a précisé Clarence Chollet, présidente de la Coges. La hiérarchie a été avisée deux heures avant les visites et les employés 1 heure à l'avance.

Plusieurs démissions en 2024

Concrètement, la Coges a formulé deux injonctions dans son rapport. Dans la première, elle demande de revoir la structure fonctionnelle du service. Un nouvel audit externe et indépendant devra évaluer la structure, le fonctionnement et la gouvernance du SPAJ.

"Le nouvel organigramme, décidé à la suite de la réorganisation annoncée en septembre 2023, ne répond pas aux problématiques et risque d'aggraver les choses", a expliqué Romain Dubois. "La situation ne s'améliore pas si les employés perdent en autonomie et doivent tout remonter à la hiérarchie", a ajouté le député (PLR) Stéphane Rosseler.

Pour Frédéric Mairy, conseiller d'Etat en charge du SPAJ, la lecture est toutefois différente. "Le nouvel organigramme est à trois niveaux dans le secteur de la protection de l'enfance, qui est le secteur qui concentre le plus de difficultés (...) on a un chef d'office qui répond à un chef de service. Pour des enjeux comme ceux-là, être sur des structures à trois niveaux, ce n'est vraiment pas une structure pyramidale et ça n'est pas exceptionnel à l'échelle d'une administration cantonale", estime-t-il jeudi dans Forum.

Le Service de protection de l'enfance est toujours sous le feu des critiques à Neuchâtel: interview de Frédéric Mairy
Le Service de protection de l'enfance est toujours sous le feu des critiques à Neuchâtel: interview de Frédéric Mairy / Forum / 6 min. / le 28 mars 2024

Lors de la réorganisation, trois fonctions de cadre avaient été supprimées. Si le département a annoncé une stabilité des effectifs de service en 2023, la commission a obtenu des renseignements externes lui confirmant que plusieurs démissions avaient eu lieu depuis début 2024, a-t-elle ajouté.

Changement de conseiller d'Etat

Dans sa 2e injonction, la Coges demande que des indicateurs statistiques permettant de cerner les politiques publiques déployées par le SPAJ, en particulier à l’aune du bien de l’enfant, soient définis. Ceux-ci doivent être appliqués, de manière transparente et efficace.

Le SPAJ, qui compte environ 120 personnes, était en main de la conseillère d'Etat Crystel Graf (PLR) jusqu'au 1er mars. Depuis l'arrivée de Frédéric Mairy (PS), le Conseil d'Etat a réorganisé partiellement les départements et ce dernier a hérité du service.

ats/asch

Publié Modifié