L'affaire Ludovic Rocchi a rebondi mercredi devant le Grand Conseil neuchâtelois. Des députés s'inquiètent du fait que la garantie de la liberté de la presse a été mise à mal lors des perquisitions effectuées à l'encontre du journaliste du quotidien "Le Matin" dans l'affaire des accusations de plagiat à l'université (lire: Perquisitions dans l'affaire de plagiat de l'Université de Neuchâtel).
"Le canton de Neuchâtel a-t-il sa propre définition de la liberté de la presse?" s'est demandé le député Mauro Moruzzi des Vert'libéraux, appuyé par sept signataires, dans son interpellation déposée mercredi.
Seuls des cas graves et exceptionnels
Il relève que les interventions menées au domicile du journaliste et au Tessin en août sont d'une ampleur inhabituelle, voire sans précédent, en Suisse. L'autorité judiciaire "ne respecte ostensiblement pas le droit d'un journaliste à protéger ses sources".
Seuls des cas graves et exceptionnels justifient une dérogation à ce principe, rappelle le député, qui juge que les dysfonctionnements de la faculté des sciences économiques ne sont pas de cette nature.
ats/pb
Bref rappel des faits
Depuis l'été 2012, des rumeurs évoquaient des problèmes notamment de mobbing et de plagiat dans l’attribution des diplômes à la faculté des sciences économiques de l’Université de Neuchâtel.
A l’automne 2012, une enquête a été ouverte et trois personnes ont auditionné 25 collaborateurs ou ex-collaborateurs de la faculté.
Puis, à la mi-août, un journaliste du Matin à la base des révélations a vu son appartement et ses effets personnels perquisitionnés par la police.
Début septembre, l'enquête a simplement parlé de "plagiat par négligence" et n'a pas confirmé les accusations de mobbing.