Les délégués du PLR devaient choisir entre l'ancien conseiller d'Etat et son ancienne collègue au gouvernement cantonal devenue conseillère nationale Jacqueline de Quattro.
Les 357 libéraux-radicaux ont plébiscité l'ex-grand argentier du Canton de Vaud par 213 voix, contre 136 voix pour Jacqueline de Quattro. Un seul tour de scrutin aura suffi pour les départager. Olivier Français, l'actuel sénateur libéral-radical, a annoncé en novembre qu'il ne briguerait pas un troisième mandat.
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"Investir pour l'avenir" comme slogan
"Je n'ai qu'une ambition, c'est de garder le siège PLR au Conseil des Etats. J'y crois (...) J'y mettrai toute mon énergie et ma motivation pour gagner", a déclaré Pascal Broulis devant le congrès, vantant son slogan "investir pour l'avenir". Son engagement dans ce nouveau défi "n'est pas un simple prolongement routinier" de ses années passées au gouvernement cantonal, a-t-il aussi affirmé.
Avant lui, Jacqueline de Quattro avait déclaré vouloir à Berne "un Canton de Vaud fier, fort, prospère, innovant, tourné vers l'avenir, durable, sûr et solidaire". Son discours a été ponctué de passages en allemand et en italien pour souligner sa maîtrise des langues fédérales.
Après l'annonce du résultat, la perdante a joué la carte du fair-play et du rassemblement. "Vous avez désigné votre champion. Bravo Pascal!", a-t-elle lancé à l'assemblée. "C'est le moment de s'unir et d'être une seule famille", a dit celle qui siège à Berne dans la Chambre du peuple depuis décembre 2019.
Interrogée dans La Matinale de la RTS, la conseillère nationale se dit cependant déçue qu'aucune femme ne figure sur le probable ticket de droite (PLR-UDC).
Pascal Broulis s'est, lui, dit heureux de ce "cadeau avant Noël". Il a aussi plaidé pour le rassemblement et l'unité pour la campagne électorale qui se profile.
Un ticket à droite?
Les délégués décideront ultérieurement la stratégie d'un ticket commun de l'Alliance vaudoise (PLR, UDC, Centre). Les discussions en cours entre les directions des partis vont a priori dans le sens d'un duo PLR-UDC.
Le président du PLR Vaud Marc-Olivier Buffat, qui cédera sa place à sa collègue du Grand Conseil Florence Bettschart-Narbel à la fin de l'année (lire encadré), n'a pas caché les ambitions de l'Alliance: tenter de remporter les deux sièges à droite aux Etats.
Courte pause politique
Pour Pascal Broulis, la pause politique aura ainsi été de courte durée. Il a quitté la Château de la capitale vaudoise en juillet dernier, annonçant à l'été 2021 qu'il ne rempilerait pas pour un cinquième mandat de ministre. Il avait été élu au Conseil d'Etat en 2002, assurant la présidence du gouvernement entre 2007 et 2012.
Le politicien de Sainte-Croix, d'origine grecque et banquier de formation, a d'abord été conseiller communal de 1985 à 1990. Il a ensuite accédé au Grand Conseil en 1990 à l'âge de 25 ans, où il siégera durant trois législatures jusqu'en 2002.
Locomotive électorale
En 2009, Pascal Broulis a été candidat à la succession de Pascal Couchepin au Conseil fédéral, mais n'a finalement pas figuré sur le ticket PLR. A chaque élection cantonale en revanche, le libéral-radical à fibre sociale caracole. En 2017, il a même été le premier à dépasser les 100'000 suffrages.
Avec son "camarade de gouvernement" Pierre-Yves Maillard, le PLR a formé un tandem de choc à l'époque, surnommé "Brouillard-Malice". Les deux artisans du "compromis dynamique" ont toujours veillé, avec succès, à ce qu'économie et social fassent bon ménage dans les projets du Conseil d'Etat. On pourrait donc potentiellement retrouver ce duo à Berne aux Etats pour représenter le Canton de Vaud (lire encadré).
ami avec ats
Florence Bettschart-Narbel élue présidente du PLR cantonal
La députée au Grand Conseil vaudois Florence Bettschart-Narbel a été élue jeudi soir à la présidence du PLR Vaud. Jusqu'ici vice-présidente, elle était la seule candidate pour remplacer Marc-Olivier Buffat. Elle devient ainsi la première femme à la tête du parti cantonal depuis la fusion entre libéraux et radicaux en 2012.
Lors du congrès, Florence Bettschart-Narbel a été plébiscitée par acclamation des délégués. Cette avocate lausannoise de 48 ans est membre du Grand Conseil depuis 2017. En mars 2021, elle s'était présentée à l'élection à la Municipalité de Lausanne, sans succès.
Marc-Olivier Buffat a récemment décidé de remettre son mandat pour la fin de l'année. L'avocat lausannois et député au Grand Conseil dirige le parti depuis avril 2018.
L'UDC désignera son candidat vers la fin de l'hiver
Quid de l'UDC, autre composante de l'Alliance vaudoise avec Le Centre? "Nous choisirons nous notre candidat vers la fin de l'hiver", a indiqué au début du mois le président de l'UDC Vaud Kevin Grangier, interrogé par Keystone-ATS. Aucun nom ne sera donc désigné avant la fin de l'année.
"Nous devons encore finaliser nos accords au sein de l'Alliance vaudoise s'agissant des élections au Conseil national et au Conseil des Etats, notamment la question des apparentements. Pour les Etats, notre souhait est d'avoir un ticket PLR/UDC. Mais nous devons aussi réfléchir au rôle et à la place du Centre Vaud pour ces fédérales 2023", a expliqué Kevin Grangier.
Collaboration rose-verte
De son côté, le camp rose-vert va tenter de prendre les deux sièges vaudois au Conseil des Etats. Les socialistes présentent un autre ex-membre du gouvernement cantonal, Pierre-Yves Maillard. Il fera équipe avec l'écologiste Raphaël Mahaim. La sénatrice verte Adèle Thorens avait en effet indiqué en août qu'elle ne souhaitait pas rempiler pour quatre ans.
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