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Le projet d'enneigement artificiel à Leysin et aux Mosses s'invite au Grand Conseil

Dans le canton de Vaud, le projet d'enneigement artificiel dans les stations de Leysin et des Mosses s'invite dans l'arène politique. [keystone - Cyril Zingaro]
Un projet d'enneigement artificiel dans les stations de Leysin et des Mosses s'invite au Grand Conseil vaudois / La Matinale / 1 min. / le 30 août 2023
Dans le canton de Vaud, le projet d'enneigement artificiel dans les stations de Leysin et des Mosses s'invite dans l'arène politique. Les plus de 170 canons à neige prévus à l'horizon 2026 font réagir des députées de gauche qui viennent de déposer des interpellations au Parlement.

Ce projet d'enneigement artificiel, d'un coût de 20 millions de francs, ne fait plus sens au vu de la crise climatique et énergétique actuelle. C'est en substance le message qui se cache derrière ces interpellations.

Les députées vertes et d'Ensemble à gauche qui en sont à l'origine rappellent aussi le crédit de plusieurs millions voté il n'y a pas si longtemps au Parlement vaudois pour un "tourisme quatre saisons", pas uniquement axé sur l'hiver.

Un "projet dépassé", selon les opposants

La dernière interpellation a été déposée ce mardi. La députée verte Martine Gerber qui en est à l'origine dénonce notamment un "projet dépassé".

"Dans un contexte d'accélération du réchauffement climatique, il conviendrait de le reconsidérer. Il y a une réelle prise de conscience de la population et je pense que d'autres propositions pourraient être beaucoup plus porteuses pour cette région du Chablais", explique-t-elle au micro de La Matinale.

Selon elle, il faudrait donc réaffecter les finances qui ont été promises pour ce projet. "Il faut considérer les intérêts des agriculteurs, de la faune et de la flore, comme du tourisme. Et créer des synergies qui tirent dans le même sens, c'est-à-dire dans le sens d'une durabilité pour tout le monde", poursuit-elle.

Cette agitation politique au Grand Conseil fait écho aux plusieurs centaines d'oppositions lors de la mise à l'enquête, qui s'est achevée au début du mois d'août.

Une transition évoquée par les partisans

Quant aux partisans du projet - qui espèrent ces canons à neige pour l'hiver 2026 -, ils relèvent que la stratégie de la société de remontées mécaniques va vers un "tourisme quatre saisons". Mais qu'une période de transition est nécessaire. L'hiver reste très important pour les stations.

"Je comprends le débat", insiste le député PLR Jean-Marc Udriot, également syndic de Leysin et président de la société de remontées mécaniques concernée. Il relève toutefois que plusieurs étapes ont déjà été franchies par ce projet. Et selon lui, les gens ne s'arrêteront pas de skier. "Si on arrête le ski au col des Mosses, ils iront ailleurs, dans d'autres domaines beaucoup plus loin, et le CO2 va encore augmenter", déplore-t-il.

A noter qu'au niveau du canton, le dossier d’enquête pour ce projet est encore en cours d’analyse.

Guillaume Rey/fgn

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