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Thomas Pesquet s'occupera d'un blob dans l'espace, à bord de l'ISS

Un Physarum polycephalum, communément appelé "blob", est un organisme unicellulaire dépourvu de système nerveux. [CNRS - Audrey Dussutour]
Thomas Pesquet s'occupera d'un blob dans l'espace, à bord de l'ISS / Le Journal horaire / 27 sec. / le 19 mars 2021
Un blob – curieux organisme ni animal, ni plante, ni champignon – sera mis en culture à bord de la Station spatiale internationale (ISS), sous l'œil de l'astronaute Thomas Pesquet, a annoncé vendredi le CNES qui appelle les établissements scolaires à s'associer à l'expérience sur Terre.

Une unique cellule géante, qui peut atteindre plusieurs mètres carrés... d'un beau jaune vif! C'est ça, un blob – aussi appelé "amibe sociale".

Physarum polycephalum, de son nom scientifique, est une espèce vivante à part, qui a au moins 500 millions d'années. Sans bouche ni cerveau ou système nerveux, il mange, se déplace, et possède d'étonnantes capacités d'apprentissage.  Il ne craint ni le feu, ni l'eau et est quasiment immortel.

Plusieurs spécimens seront accueillis à bord de la Station spatiale (ISS), où ils feront l'objet d'expériences scientifiques (lire encadré). Le but est de voir "si le blob se comporte différemment dans l'espace", et d'étudier "les effets de la micropesanteur et des rayonnements sur son évolution", détaille le CNES, l'agence spatiale française, dans un communiqué.

Envol le 22 avril

Dans le cadre de sa mission "Alpha", l'astronaute français Thomas Pesquet, qui doit s'envoler pour l'ISS le 22 avril (lire encadré), "sera chargé de le 'réveiller' et de photographier son évolution selon deux protocoles": l'un testera l'attitude de deux blobs dans un environnement sans nourriture, l'autre fournira à deux autres blobs plusieurs sources de nourriture.

Le CNES et le CNRS invitent 2000 écoles, collèges et lycées à s'associer à cette "expérience éducative" et à "comparer leurs résultats en classe à ceux obtenus" en orbite.

Dans les classes comme dans la Station, les blobs seront livrés à l'état de "sclérote", c'est-à-dire déshydratés, avant d'être réhydratés pour mener les expériences.

Dans la nature, le blob se nourrit de champignons et de bactéries: on peut le trouver en forêt, par exemple sous l'écorce des arbres. Lorsqu'il vit en laboratoire, il mange des flocons d'avoine.

"Toutes les huit heures, son matériel génétique double", explique Audrey Dussutour, directrice de recherche CNRS au Centre de recherches sur la cognition animale à Toulouse. Le blob est son objet de recherche et d'étude. Elle pense que, dans la Station spatiale, l'organisme jaune va "former des piliers, des structures en 3D, car il ne sera plus limité par la gravité".

Stéphanie Jaquet et l'afp

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Une centaine d'expériences

Plus d'une centaines d'expériences scientifiques attendent Thomas Pesquet à bord de l'ISS, vaste laboratoire en apesanteur.

"Une qui me plaît beaucoup, c'est une expérience sur des 'mini-cerveaux'. L'environnement spatial, c'est comme un modèle accéléré du vieillissement, merveilleusement réversible, donc on va essayer de regarder ses effets sur le cerveau, en assemblant des cellules dans des boîtes de Petri", a expliqué l'astronaute.

Aux commandes de l'ISS

Une première pour un astronaute français: lors de sa deuxième mission en orbite, "Alpha", Thomas Pesquet sera quelque temps commandant de bord de la Station spatiale internationale (ISS), pour laquelle il doit s'envoler le 22 avril depuis la Floride.

A 43 ans, celui qui a été pilote de ligne prendra les commandes à quelque 400 kilomètres au-dessus de la Terre, durant environ un mois, vers la fin de son séjour de six mois.

"Je suis incroyablement honoré!", s'est réjoui l'astronaute. C'est l'Agence spatiale européenne (ESA), qui lui a assigné cette fonction en accord avec les autres agences spatiales partenaires de l'ISS que sont les Etats-Unis, la Russie, le Japon et le Canada.

La fonction de commandant est exercée tour à tour par les membres désignés de l'équipage de l'ISS.