Parce que nous sommes souvent cloisonnés chez nous et que le rythme social a largement disparu, éclaire Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste, autrice de "Eloge du retard: Où le temps est-il passé?" (2020 Albin Michel).
"Le temps est extrêmement contrasté depuis une année, entre un temps qui s’écoule lentement pour toutes les personnes qui ne peuvent plus travailler et une accélération sans précédent pour le personnel médical notamment", note l’universitaire.
Le temps, lié aux changements
Selon Hélène L’Heuillet, "le temps n’est pas autonome, il est lié à l’espace et aux choses qui changent. Lorsque l'on est chez soi, on les voit beaucoup moins changer. C’était frappant lors du premier confinement, on est entrés en doudoune, on est sortis en sandalettes, sans s’en apercevoir".
Beaucoup ont aspiré à un ralentissement grâce à cette crise et à une réappropriation du temps. "Cela a été une grande déconvenue car beaucoup de personnes se sont finalement retrouvées dans un temps destructuré, plus ou moins ennuyeux et anxiogène." Est-on capable de se réapproprier le temps? Certaines cultures y arrivent-elles mieux que d’autres?
Caroline Stevan et l’équipe du Point J