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Une enzyme OGM contenue dans une tresse sans gluten de Migros

Petite tresse "aha!", Migros. [RTS - Jessica Nusslé]
Enzyme OGM dans une tresse sans gluten / On en parle / 11 min. / le 8 novembre 2017
Les petites tresses de Migros sans gluten, sans lactose et sans blé vendues sous la marque "Aha!" sont élaborées à l'aide d'une enzyme issue de bactéries génétiquement modifiées, révèle une enquête d'On en parle mercredi.

L'amylase maltogène, un auxiliaire technologique (c'est-à-dire un un support d'additif ou auxiliaire de fabrication) utilisé pour produire cette tresse, permet essentiellement de garantir une plus longue durée de conservation. La tresse en question peut par exemple se conserver jusqu'à six semaines.

Cette enzyme est toutefois sans danger pour la santé, assure l'Office fédéral de la sécurité alimentaire qui a autorisé son utilisation en 2015 déjà.

Pas de déclaration sur l'étiquette

Mais c'est l'absence de déclaration sur l'étiquette du produit qui dérange la Fédération romande des consommateurs (FRC). L'auxiliaire technologique n'est "pas utile pour les consommateurs, mais plutôt pour les distributeurs qui peuvent stocker le produit plus longtemps", remarque la responsable alimentation de la FRC Barbara Pfenniger. Elle regrette que "l'on ne puisse pas choisir le pain sans enzyme car l'on n'est pas informé".

L'Association suisse des boulangers-confiseurs, elle, se désolidarise totalement de la pratique. "Oui aux enzymes naturelles, non à celles basées sur les OGM. Cette évolution nous préoccupe beaucoup", déclare sa responsable de communication Sarah Stettler.

"Détruite à la cuisson"

Interpellé, le porte-parole de Migros Tristan Cerf explique que l'amylase maltogène "n'est pas un OGM, mais qu'elle peut être produite avec des bactéries issues du génie génétique".

Et si elle n'est pas déclarée, c'est parce qu'elle "est détruite par la cuisson et ne se retrouve plus dans le produit fini". "On la déclarerait si l'amylase était encore complète, dans une pâte à pain ou à gâteau non cuite", ajoute-t-il. Il précise que Migros "a une politique très stricte et qu'aucun aliment végétal contenant des OGM ne se retrouve dans son assortiment".

"La tresse est très dépendante du gluten dans sa structure. Faire quelque chose qui ressemble au produit d'origine sans gluten, c'est une prouesse technologique et industrielle", souligne encore Tristan Cerf.

"Davantage de transparence"

Pour Barbara Pfenniger, l’enzyme est certes transformée à la cuisson, mais elle se trouve toujours dans le produit au final. Et cuite ou pas, sa présence n’a pas besoin d’être déclarée, ce que déplore la responsable alimentation de la FRC : "L'auxiliaire technologique n'est plus utile dans le produit fini, ce n'est pas comme un additif qui sert à donner une couleur ou une saveur".

Elle espère à l'avenir "plus de transparence" à ce sujet. "Connaissant la tendance à remplacer les additifs par des auxiliaires que l'on n'a pas besoin d'indiquer, il y a de quoi améliorer l'étiquetage", estime-t-elle.

Yves-Alain Cornu/jvia

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