Lors des discussions sur le congé paternité, le Parlement avait explicitement retenu que l'employeur pouvait résilier le contrat de travail d'un jeune père. "Le législateur a donc renoncé en connaissance de cause à prévoir une protection contre le licenciement similaire à celle dont bénéficie la mère après l'accouchement", précise le gouvernement dans sa réponse publiée jeudi.
Pour le Conseil fédéral, il n'y a pas de raison de remettre en question la volonté claire du législateur alors que le congé de paternité n'est en vigueur que depuis quelques mois.
La motionnaire Greta Gysin (Verts/TI) n'est pas de cet avis. Selon elle, certains pères renoncent au congé paternité par peur des conséquences. Certains employés sont mis sous pression pour qu'ils y renoncent.
La Suisse ne serait pas le premier pays à introduire une protection contre le licenciement, précise la Tessinoise. C'est déjà le cas en France.
ats/iar
Pas de congé paternité en cas de décès de l'enfant
Les pères dont l'enfant meurt à la naissance ou est mort-né ne devraient pas non plus pouvoir prendre leur congé paternité, estime le Conseil fédéral en refusant la motion déposée par Greta Gysin (Verts/TI) et soutenue par des députés de tous bords.
Dans sa réponse publiée jeudi, le gouvernement explique que, bien qu'il soit conscient de la situation difficile que vivent ces pères, le but du congé paternité est de permettre au père de s'impliquer dans la nouvelle situation familiale. Le congé maternité, lui, doit aussi permettre à la mère de se remettre de la grossesse et de l'accouchement. Une réglementation différente est donc justifiée, de l'avis du Conseil fédéral.
Pour Greta Gysin, il s'agit d'une lacune qu'il faut pallier.