Le choix final a été annoncé au Palais fédéral par le chef du groupe socialiste au Parlement, Roger Nordmann. Eva Herzog et Elisabeth Baume-Schneider ont toutes deux obtenu la majorité absolue au troisième tour de scrutin, a précisé le conseiller national vaudois devant la presse.
La conseillère aux Etats de Bâle-Ville Eva Herzog (60 ans) était la favorite de cette élection. Ex-responsable des Finances au Conseil d'Etat bâlois, elle représente une région économiquement forte.
La Jurassienne Elisabeth Baume-Schneider (58 ans) est la plus à gauche des candidates, une "femme de la base" qui a à coeur de défendre la justice sociale. En cas d'élection, elle serait la première représentante de son canton à siéger au Conseil fédéral.
Pas "le statut de candidate alibi ou de géranium décoratif"
"Je veux me concentrer sur ce que je peux apporter, j'ai envie de montrer non seulement ce qu'est le Jura mais aussi ce que sont les régions dites périphériques. Je sais ce que c'est que de venir d'une région où la crise se vit peut-être plus durement. Je ne veux pas juste endosser le statut de candidate alibi ou de géranium décoratif", a indiqué Elisabeth Baume-Schneider dans l'émission Forum.
"Je vais essayer de convaincre et j'espère être à la hauteur de ma région, de mon canton pour montrer qu'on peut prétendre, après bientôt 50 ans dans l'Alliance confédérale, occuper des postes avec des responsabilités importantes", a conclu la Jurassienne.
"Je n'ai pas envie de m'encombrer avec ce qui appartient aux autres en terme de décision, je vais mettre mon énergie à convaincre, à dire comment je travaille. Je vais argumenter sur mon expérience, sur ma capacité à faire des compromis", a encore déclaré la Jurassienne dans le 19h30.
"Pas la fin de la Suisse"
La désignation d'Elisabeth Baume-Schneider ouvre la porte à l'élection d'une troisième politicienne romande au Conseil fédéral, un événement qui ne s'est produit qu'une seule fois, il y a près de 100 ans, depuis la naissance de la Suisse moderne.
Interrogé sur cette éventualité, Roger Nordmann a estimé que la Suisse n'allait "pas changer au cas où la Suisse romande compterait trois sièges au Conseil fédéral". Tout se fait en allemand à Berne, a ajouté le chef du groupe socialiste, "ce ne serait pas la fin de la Suisse".
Roger Nordmann a aussi rappelé que le Conseil fédéral n'a jamais accueilli de membre jurassien, même si Jean-François Roth avait été candidat autrefois.
Avec Eva Herzog et Elisabeth Baume-Schneider, le PS présentent deux candidates qui penchent vers Bâle, a précisé Roger Nordmann, relativisant l'importance de la stricte appartenance cantonale.
Pour Cédric Wermuth, co-président du Parti socialiste, il s'agit "d'un ticket parfaitement équilibré. Nous présentons un ticket avec une expérience incroyable des deux côtés. Les deux sont ancrées à Berne et elles sont respectées", a-t-il déclaré dans Forum.
Pas de candidat masculin au PS
Le PS avait déjà annoncé il y a une semaine que le ticket serait exclusivement féminin. Le sénateur zurichois Daniel Jositch, qui voulait entrer dans la course, a accepté le verdict. Vendredi, le Conseil du PS, sorte du parlement du parti, a recommandé les trois candidates.
>> Lire : Le Conseil du PS n'a pas départagé les trois candidates à la succession de Sommaruga
L'Assemblée fédérale élira le 7 décembre deux nouveaux conseillers fédéraux. Avant de choisir celle qui succédera à Simonetta Sommaruga, elle élira le successeur d'Ueli Maurer. Le choix se fera entre le Bernois Albert Rösti et le Zurichois Hans-Ueli Vogt.
>> Lire : L'UDC lance Albert Rösti et Hans-Ueli Vogt pour succéder à Ueli Maurer au Conseil fédéral
oang avec ats
Une compétition sous le sceau du fair play
Les deux socialistes Eva Herzog et Elisabeth Baume-Schneider ont salué samedi le fair-play qui règne depuis le début de leur campagne. Toutes deux ont remercié devant les médias à Berne la perdante, la conseillère d'Etat bernoise Evi Allemann.
La conseillère aux Etats bâloise Eva Herzog s'est montrée fière de sa nomination. Grâce à ses deux concurrentes, les auditions se sont déroulées dans une "excellente atmosphère". Elle attend maintenant la suite avec impatience.
Sa collègue jurassienne Elisabeth Baume-Schneider a rendu hommage à Mme Allemann en la qualifiant de jeune femme débordant d'énergie. La Jurassienne compte désormais porter haut les couleurs du PS comme parti humaniste et ouvert sur le monde.
Les deux candidates, qui se sont peu exprimées au cours du point de presse, n'ont pas souhaité comparer leurs points forts et leurs points faibles.
"Un vrai polar"
"Ce fut un vrai polar", a résumé le chef du groupe socialiste, le conseiller national vaudois Roger Nordmann, samedi à Berne devant les médias.
Il a fallu trois tours de scrutin pour départager les trois candidates. Les deux premiers n'avaient pas suffi à les départager.
Lors du premier tour de scrutin, les trois candidates ont atteint la majorité absolue en se tenant dans un mouchoir de proche avec 26 voix pour Elisabeth Baume-Schneider, 25 pour Evi Allemann et 24 pour Eva Herzog.
Score presque aussi serré au terme du 2e tour, les trois candidates obtenant plus de 20 voix avec Evi Allemann toujours aux avant-postes. A noter que les 46 votants présents pouvaient très bien n'écrire qu'un seul nom sur leur bulletin.
Tout s'est donc joué au 3e tour, où Evi Allemann a soudain perdu des soutiens, laissant la voie libre à Eva Herzog (24 voix) et Elisabeth Baume-Schneider (23).