La révision actualise trois textes de 1995 régissant la maturité gymnasiale. La Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique l'a aussi approuvée la semaine dernière.
Il s’agit de garantir la qualité de ce diplôme, sa compatibilité dans toute la Suisse ainsi que l’accès sans examen aux hautes écoles universitaires et pédagogiques, relève le gouvernement.
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Compétences en mathématiques renforcées
La durée minimale d'une maturité gymnasiale sera de quatre ans au minimum pour toutes les filières. Les compétences spécifiques de base et en mathématiques seront renforcées.
Le choix des disciplines fondamentales - comme l'économie et le droit, ou l'informatique - et des disciplines spécifiques sera étendu. Et les échanges et la mobilité promus. Les critères de réussite resteront inchangés.
Travaux "de grande envergure"
Si l'entrée en vigueur de la révision est prévue pour le 1er août 2024, son application effective dans les cantons où la Maturité s'obtient pour le moment en 3 ans pourrait prendre davantage de temps. Elle interviendra après la révision du plan d'études cadre de la CDIP. Celle-ci lancera une audition officielle cet automne.
La réforme est le résultat de travaux de "grande envergure", souligne le Conseil fédéral. Les acteurs principaux concernés ont été associés dès le début. Une procédure de consultation a été menée l'an dernier. Les retours ont été principalement positifs, selon le gouvernement.
Disparités selon les cantons
En Suisse romande, le projet a pourtant fait grincer des dents, en particulier dans les cantons de Neuchâtel, de Vaud et du Jura (lire encadré). Ces derniers connaissent un modèle sur trois ans.
Ailleurs en Suisse romande, Genève et Fribourg proposent déjà le gymnase (ou collège, voire lycée dans certains cantons; la terminologie varie) en quatre ans. En Valais, c'est cinq ans, mais comme la Confédération souhaite quatre ans au minimum sans avoir défini de maximum, le canton n'a pas l'intention de changer son mode de faire.
Au gymnase de Bienne et du Jura bernois, la préparation à la maturité (pour la formation monolingue) se fait sur trois ans au gymnase proprement dit et quatre ans si l'on tient compte de la première année accomplie dans le cadre de l'école secondaire.
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ats/hkr/juma
Contestation du gouvernement jurassien
Le canton du Jura, qui souhaitait que la maturité continue à se dérouler en trois ans, est très remonté contre ce changement. Interrogé dans l'émission Forum de la RTS mercredi soir, le ministre jurassien de la formation et de la culture Martial Courtet a fait part des raisons de l'opposition du canton à cette nouvelle organisation.
"Nous attendions la décision officielle. Il y également des démarches qui ont été faites au niveau du Palais fédéral. Dans les prochains mois, nous allons étudier la possibilité d'un recours", a-t-il confié. "Le Jura n'ira pas seul dans un recours au tribunal. Nous allons discuter avec d'autres cantons opposés pour une collaboration", ajoute Martial Courtet.
Les étudiants jurassiens doués à l'uni
Pour le ministre, le plus grand argument contre cette réforme est qu'elle ne prend pas en compte les situations différentes des cantons. "La formation est l'un des rares domaines qui reste la prérogative des cantons. Dans ce sens, qu'on ne prenne pas en compte ce qui s'y passe est quand même embêtant", déplore-t-il.
"Notre maturité en trois ans donne satisfaction. Il n'y a qu'à voir les résultats des étudiants dans les universités et les hautes écoles de Suisse. Par exemple, en première année à l'EPFL, donc juste après notre maturité jurassienne, les jeunes Jurassiens réussissent à 74%. La moyenne suisse est à peu près à 50%. Donc l'argument que la maturité en trois ans ne fonctionne pas n'est pas vraie pour le Jura", défend Martial Courtet.