"Ça fait six mois que vous m'appelez tous les jours avec des numéros différents pour me dire toujours la même chose." Andrea reçoit jusqu'à six fois par jour des appels de courtiers en assurance.
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Au bout du fil, le scénario se répète inlassablement: une personne prétend travailler pour un organisme de santé et propose une prime d'assurance-maladie particulièrement avantageuse.
Malgré les explications d'Andrea selon lesquelles elle n'est pas intéressée par la prestation, qu'elle est déjà bien assurée et satisfaite de son assurance, la discussion devient particulièrement insistante.
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Des milliers de victimes chaque année
Andrea n'est pas seule dans cette situation. Chaque année, au mois de septembre, la permanence juridique de "Bon à savoir" constate une explosion du démarchage téléphonique.
Selon l'association, le risque majeur réside dans la signature hâtive de contrats sous la pression des appels répétés.
"Si les consommateurs ont signé quoi que ce soit, il est impératif qu'ils résilient cette proposition au plus vite, en envoyant un simple courrier dans les 14 jours suivant la signature", indique Silvia Diaz, juriste chez "Bon à savoir", jeudi dans le 19h30 de la RTS.
Contournement des règles
Depuis le 1er janvier 2021, les courtiers en assurance ne sont plus autorisés à solliciter des personnes qui n'ont pas exprimé préalablement leur intérêt.
Toutefois, une pratique controversée persiste: l'achat de coordonnées de clients auprès d'autres organismes. Cette stratégie permet aux courtiers de contourner les règles en vigueur.
"Actuellement, en assurance santé, notre rémunération est basée sur l'acquisition de nouveaux clients, explique Kevin Brisac, courtier en assurance. L'idée serait plutôt d'instaurer une commission de gestion: si le client reste fidèle et que nous le conseillons chaque année, nous pourrions percevoir une commission de gestion."
Cette mesure offrirait une opportunité de freiner considérablement le démarchage téléphonique abusif, une pratique, selon lui, trop répandue chez de nombreux courtiers.
Charlotte Onfroy-Barrier/vajo