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Des années de galère pour rembourser les dettes de ses parents dues aux primes impayées

Depuis le 1er janvier, les enfants ne peuvent plus être poursuivis pour les primes non payées par leurs parents. Témoignage
Depuis le 1er janvier, les enfants ne peuvent plus être poursuivis pour les primes non payées par leurs parents. Témoignage / 19h30 / 2 min. / le 7 janvier 2024
Depuis le 1er janvier, plus aucun jeune adulte n'apprendra, à sa majorité, qu'il doit rembourser les dettes de primes maladie contractées par ses parents, comme cela est arrivé à Mélissa Lammana. "Ma seule préoccupation, rembourser au plus vite", témoigne-t-elle dans le 19h30.

Alors qu'elle venait d'obtenir un CFC en conceptrice multimédia, Mélissa reçoit, en 2013, la visite d'un huissier. "Il est venu à la maison pour voir ce que j'aurais pu donner", explique la jeune femme dans le 19h30.

Le huissier lui apprend qu'elle vient d'hériter de plusieurs dizaines de milliers de francs de dettes. Ce sont les primes maladie que ses parents n'ont pas payées lorsqu'elle était mineure.

"Aucun des deux ne m'avaient mis au courant que j'avais des choses à payer en mon nom. Ils ne pensaient pas que ces dettes allaient arriver à ma soeur et moi", indique-t-elle.

Tous ses projets d'avenir ont alors été modifiés. "Ma seule préoccupation était de rembourser au plus vite. Donc au lieu de faire conceptrice multimédia, j'ai travaillé comme serveuse dans la restauration", raconte la jeune femme.

Pendant cinq ans, Mélissa enchaîne les petits boulots avec des retraits sur son salaire pour effacer l'ardoise. Mais une fois les dettes remboursées, elle ne trouve pas de place dans son domaine d'étude. Elle espère que ses six années d'études ne seront pas "pour rien".

Changement de régime

Depuis le 1er janvier 2024, les parents contractant des dettes sur les assurances maladie de leurs enfants doivent les assumer. Ce changement de régime est soutenu depuis plusieurs années par Dettes Conseil Suisse.

Pour Céline Vara, présidente de l'association faîtière et conseillère aux Etats neuchâteloise, il s'agissait d'une "pénalité" conséquente pour ces jeunes, alors qu'un adolescent sur cinq vit dans un ménage surendetté. Et "leur entretien, durant leur minorité, était du ressort des parents", constate l'élue des Vert-e-s.

Ce changement législatif n'a toutefois pas d'effet rétroactif. Seules les personnes qui attendront leur majorité dès cette année bénéficieront de cette mesure.

Reportage TV: Elodie Botteron et Camille Lanci

Texte web: mera

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