Premier indicateur de la santé financière: le revenu. De ce côté-là, de nombreux retraités éprouvent des difficultés. Près d'un senior sur six (15,4%) vit avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté en Suisse, d'après les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS). Cela représente environ 240'000 personnes.
Le taux de pauvreté des aînés atteint ainsi plus du double de celui des personnes en âges de travailler, comme le souligne le graphique ci-dessous.
Un retraité sur deux dispose de plus de 100'000 francs
Le taux de pauvreté ne montre toutefois qu'une face de la réalité. Calculé sur la base des revenus des ménages, il ne prend pas en compte la fortune. Or, de ce côté-ci, les aînés s'en sortent bien mieux que le reste de la population.
Plus d'un senior sur deux possède une fortune liquide supérieure à 100'000 francs. Ce chiffre tombe à 29% chez les personnes en âge de travailler.
A l'inverse, 15,6% des plus de 65 ans vivent dans un ménage qui dispose de moins de 10'000 francs d'avoirs liquides. Ce taux bondit à 28,9% chez les 18-64 ans.
Deux éléments expliquent l'augmentation de la fortune au moment de la retraite: de nombreux retraités prennent, au moins en partie, leurs 2e et 3e piliers sous forme de capital et les héritages sont souvent touchés après 60 ans.
6% des retraités peinent à joindre les deux bouts
Dans l'ensemble, les seniors perçoivent donc en majorité des plus petits revenus mais possèdent de plus grosses fortunes que le reste de la population. Alors, au final, qui s'en sort le mieux?
Les retraités se disent plus satisfaits de leur situation financière que les actifs, selon l'étude sur les revenus et les conditions de vie de l'OFS.
Seuls 6,4% des plus de 65 ans éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts, contre 9,6% des 18-64 ans. Moins de 3% des aînés estiment par ailleurs qu'ils doivent se priver en raison de leurs finances.
Précarité chez les personnes avec l'AVS comme principal revenu
Cette bonne santé financière perçue par la majorité des personnes âgées découle aussi d'une autre raison: elles dépensent moins que les actifs. La différence apparaît importante dans les frais liés au logement. D'une part, les seniors sont plus souvent propriétaires. D'autre part, les locataires âgés occupent leur logement depuis plus longtemps et paient ainsi des loyers moins élevés que les actifs.
Si la majorité des aînés s'en sortent bien, ce n'est pas le cas de tous. Qui sont alors ces 6,4% de retraités qui peinent à joindre les deux bouts?
Rentes médiocres, pas de fortune ni de propriété. Le plus souvent, ces personnes vivent dans un ménage avec l'AVS comme principal revenu. Les différences sont marquées avec les seniors dont les rentrées d'argent reposent davantage sur le 2e pilier, comme le montre le graphique ci-dessous. Un constat encore accentué s'il s'agit de personnes seules, sans formation post-obligatoire ou de nationalité étrangère.
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Valentin Tombez
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