Un oncle de Bachar al-Assad renvoyé devant le Tribunal pénal fédéral
L'acte d'accusation "se fonde sur des faits qui se sont déroulés pendant le mois de février 1982, dans la ville de Hama et dans le cadre du conflit armé ayant opposé les forces armées syriennes et l'opposition islamiste", a indiqué le Ministère public de la Confédération (MPC) dans un communiqué.
L'ancien vice-président syrien et ancien officier de l'armée syrienne est poursuivi pour "crimes de guerre et crimes contre l'humanité".
Le MPC lui reproche, "dans le cadre du conflit armé et de l'attaque généralisée lancée contre la population de la ville de Hama, en Syrie, en février 1982, d'avoir, en sa qualité de commandant des Brigades de Défense (Saraya al Difaa) et de commandant des opérations à Hama, ordonné des meurtres, des actes de torture, des traitements cruels et des détentions illégales".
Des crimes punissables en Suisse depuis 1968
Selon le MPC, ces Brigades de défense "auraient été les principales forces en charge de la répression".
"Dans ce contexte, plusieurs milliers de civils auraient été victimes de diverses exactions, allant de l'exécution immédiate à la détention et la torture dans des centres spécialement créés, ce dont plusieurs témoignages font état", poursuit-il.
En vertu de l'ancien code pénal militaire (aCPM), les crimes de guerre sont punissables en Suisse depuis 1968, indépendamment du lieu et de la citoyenneté de l'auteur ou de la victime.
Compétence universelle et imprescriptibilité
C'est suite à une dénonciation de l'organisation non-gouvernementale suisse TRIAL International, en décembre 2013, que le parquet fédéral avait ouvert la procédure pénale pour crimes de guerre.
Le MPC a par la suite estimé que les "meurtres reprochés au prévenu peuvent en outre être qualifiés de crimes contre l'humanité", a-t-il indiqué dans son communiqué.
La procédure pénale avait été ouverte en vertu de la compétence universelle et de l'imprescriptibilité des crimes de guerre, explique le MPC. Dans ce contexte, un contrôle policier avait alors permis d'établir la présence de l'oncle de Bachar al-Assad --l'actuel président syrien-- sur le territoire suisse au moment de l'ouverture de l'instruction.
De retour en Syrie depuis 2021
Plusieurs victimes se sont constituées parties plaignantes dans la procédure pénale du MPC. La date du procès n'a pour l'instant pas encore été fixée.
Rifaat al-Assad étant retourné en Syrie en 2021 après plusieurs décennies d'exil. Il y a deux ans, la justice suisse avait lancé un avis de recherche mais avait gardé le secret jusqu'en 2023 afin que Rifaat al-Assad ne puisse pas prendre de disposition pour s'y soustraire.
afp/ther