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Toujours plus d'animaux abandonnés en Suisse

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Deux chats abandonnés dans un refuge de Lausanne. - [Dominic Favre]
L'an dernier, les refuges helvétiques ont recueilli 27'463 animaux de compagnie, soit 3579 ou 13% de plus qu'en 2009, a annoncé lundi la Protection suisse des animaux (PSA). Près du quart d'entre eux n'avaient toujours pas pu être placés à la fin de l'année.

La PSA impute cette "hausse dramatique" à la popularité "fortement croissante" des animaux de compagnie et à "la mentalité toujours plus répandue du tout jetable". La presque totalité (95%) des animaux recueillis en 2010 étaient des animaux abandonnés ou trouvés.

 Les chats représentaient près de la moitié d'entre eux (12'350). Au deuxième rang se trouvaient les chiens (3850), juste avant les rongeurs (3300). A la fin de l'année, 18'500 des animaux recueillis avaient été adoptés par un nouveau propriétaire et 3188 restitués à leur maître (1762 en 2009). Le nombre d'animaux crevés ou euthanasiés a passé de 904 en 2009 à 1686 en 2010.

Animaux bon marché

Acheter un compagnon à quatre pattes est meilleur marché que jamais.  Beaucoup trop d'animaux, surtout des chiens, sont importés puis placés en Suisse, ce qui peut se révéler problématique. Des chiens de rue, par exemple, sont habitués à leurs congénères, mais pas aux humains, selon Eva Waiblinger, responsable du département des animaux de compagnie de la PSA. Comme ils n'ont pas été socialisés, ils causeront de nombreux problèmes à leur maître.

"Cette année, nous avons aussi constaté que les reptiles recueillis sont en augmentation, en particulier les tortues" ajoute Eva Waiblinger. Or ces animaux à carapace sont difficiles à replacer: ils vivent en effet une centaine d'années. Et il faut un jardin pour pouvoir adopter une espèce européenne, voire un grand terrarium pour les espèces exotiques.

Maltraitances

La PSA a par ailleurs noté une croissance du nombre d'animaux maltraités. En 2010, ses 70 sections régionales ont enregistré 6698 cas, soit 936 ou 14% de plus que l'année précédente. Une explication à ce phénomène est l'augmentation des "collectionneurs", qui possèdent jusqu'à une centaine d'animaux de compagnie. Pour Eva Waiblinger, " il s'agit de personnes qui ne savent pas dire non et qui adoptent chaque animal qui croise leur chemin. A un moment donné, ils ne maîtrisent plus la situation". Leurs compagnons sont souvent retrouvés en piteux état et doivent être euthanasiés.

ats/pym

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