"Nous savions que les Turcs de Suisse allaient voter contre le référendum", a déclaré Celal Bayar, président de la Fédération des associations turques de Suisse romande (FATSR). Ce qui l'étonne beaucoup en revanche, c'est le oui sorti des urnes à Genève.
>> Voir: Les résultats par pays publiés par l'agence officielle Anadolu
"Nous ne comprenons pas", indique-t-il, la communauté turque de Genève étant plutôt une élite opposée à la réforme.
Une explication pourrait être que le consulat de Turquie à Genève chapeaute aussi la région frontalière: or les Turcs établis en France voisine, comme à Annemasse ou dans le Pays de Gex, ont eu tendance à voter en faveur de la réforme. Les chiffres définitifs devraient être annoncés dans onze à douze jours.
Peu de changements en Suisse
Le oui a la réforme ne changera pas grand-chose pour les Turcs de Suisse, selon le président de la FATSR. En Turquie en revanche, on peut s'attendre à des élections anticipées cet automne puis à deux référendums supplémentaires en 2018.
Et pas des moindres: les Turcs pourraient être appelés à se prononcer sur leur relation à l'Union européenne, en particulier s'ils veulent mettre un terme à la "mascarade" de l'adhésion. Le deuxième vote porterait ni plus ni moins sur la sortie du pays de l'OTAN.
>> Lire aussi : Le pouvoir turc revendique la victoire au référendum, l'opposition conteste
ats/kg
Un net oui de la diaspora
Globalement, les Turcs de la diaspora ont voté à 59,09% en faveur de la réforme, selon des résultats partiels diffusés par l'agence Anadolu, contre 51,18% pour leurs compatriotes au pays.
Dans le détail, en Allemagne, où la diaspora turque est très importante, 63,07% des votants ont accepté le texte renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat turc. Et en Autriche, le oui dépasse les 73,23%. Il l'emporte également en Belgique (74,98%), en France (64,86%), et aux Pays-Bas (70,94%).
Environ 2,9 millions de personnes pouvaient voter à l'étranger dont environ la moitié en Allemagne. Leurs voix ont compté pour 5% du résultat total.