En 2016, quelque 273'000 personnes dépendaient de l'aide sociale. Environ deux tiers étaient majeures, dont une moitié ne disposait pas d'un certificat professionnel. De plus, près de 30% des bénéficiaires de l'aide sociale ont des difficultés au niveau des compétences de base telles que la lecture, l'écriture ou les technologies de l'information, indiquent lundi la Conférence des institutions d'action sociale (CSIAS) et la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA).
Selon la CSIAS, la formation continue peut donner de meilleures chances de réintégrer le marché du travail à environ 40% des bénéficiaires adultes, soit 75'000 personnes au niveau national.
Formation en trois étapes
La stratégie repose sur un modèle de qualification en trois étapes: acquisition de compétences de base; acquisition de qualifications professionnelles en dessous du seuil de la formation de base et, finalement, acquisition d'une formation professionnelle de base, CFC ou attestation fédérale de formation professionnelle.
ats/fme
"Un crédit substantiel"
Pour mettre en oeuvre leur "offensive", la CSIAS et la FSEA demandent à la Confédération pour la période 2021-2014 "un crédit substantiel", sans avancer de chiffres. Pour les années 2017 à 2020, elles disposaient en moyenne de 15 millions par an à cet effet.
Les associations en appellent également aux cantons afin qu'ils étendent le droit aux bourses d'étude à toutes les filières de formation après l'école obligatoire. La limite d'âge devrait être levée et les montants alloués permettre de couvrir le minimum vital. Les cantons sont également priés de fournir des offres de formation adaptées.
Evaluation individuelle et motivation
Une évaluation individuelle des capacités du bénéficiaire devra être effectuée. Suite à quoi un plan de formation contraignant sera établi. Les deux associations rappellent que la motivation personnelle des personnes concernées constitue un facteur-clé.
La CSIAS et la FSEA voient également leur offensive de formation comme une "contribution importante à l'exploitation de la main-d'oeuvre indigène". Investir dans la formation des bénéficiaires de l'aide sociale est payant non seulement pour l'individu, mais aussi sur les plans social et économique, écrivent-elles.